Duisenberg justifie par avance une détente monétaire

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Le message est clair, il a été martelé sur tous les tons depuis quelques jours: la Banque centrale européenne (BCE) va assouplir sa politique monétaire jeudi prochain. Pour s'en convaincre, il suffit de s'intéresser aux propos tenus ce matin par Wim Duisenberg. Lors d'une audition à Bruxelles devant des députés européens, le président de la BCE a délivré un argumentaire qui devrait être réutilisé dès jeudi lors de la conférence de presse qui suivra la décision sur le loyer de l'argent.Lors de sa dernière réunion, le conseil des gouverneurs de la BCE était apparu divisé quant à l'opportunité de baisser les taux d'intérêt de la zone euro. Finalement, les tenants du statu quo l'avaient emporté mais la BCE avait indiqué "vouloir suivre l'évolution des risques pesant sur la croissance, et leur impact sur les tensions inflationnistes à moyen terme". Après un mois d'examen minutieux, les gardiens de l'euro jugent désormais possible une détente monétaire car, souligne Wim Duisenberg, "depuis notre dernière réunion, du 7 novembre, l'impression que les tensions inflationnistes s'atténuent s'est renforcée et les risques d'un ralentissement de la croissance n'ont pas disparu". Comme pour illustrer ces dires, Eurostat, l'Office européen des statistiques, divulgait les chiffres du chômage dans la zone euro. En octobre, le taux de chômage a augmenté de 0,1 point à 8,4%. Sur un an, la hausse est de 0,4 point, par rapport au taux de 8% enregistré en octobre 2001. En plus de ces arguments sur les prix et la croissance, le consensus européen qui se dégage sur un aménagement limité du Pacte de stabilité facilite la tâche de la BCE. Wim Duisenberg estime que les propositions de "réinterprétation du pacte" émises par la Commission "ne modifient pas le pacte mais vont dans le sens de son renforcement". Il a appelé les pays encore en déficit à "honorer leur engagement" en réduisant leur déficit structurel de 0,5 point de PIB par an. Concernant l'activité, Wim Duisenberg a indiqué que, selon lui,"l'économie de la zone euro a continué de croître à un rythme modéré au troisième trimestre" de cette année, ce qui "reflète la faible confiance" due aux "incertitudes" qui entourent la conjoncture. Le quatrième trimestre devrait être du même tonneau, "le rythme de l'activité est resté inchangé" par rapport au troisième trimestre, a ainsi précisé le patron de la BCE. Il estime en outre que la zone euro devrait renouer avec son potentiel de croissance au cours de l'année 2003. S'agissant plus particulièrement de l'Allemagne, dont la situation inquiète de nombreux économistes, Wim Duisenberg s'est voulu rassurant, écartant tout risque de déflation pour la première économie de la zone euro. Tout en acceptant cet augure, les dirigeants politiques allemands n'en attendent pas moins avec impatience une baisse des taux d'intérêt. Reste à savoir l'ampleur que prendra cette réduction du loyer de l'argent: 25 ou 50 points de base? Pour l'instant, selon un consensus réalisé par AFP/FX, la majorité des économistes interrogés parient sur une décision qui ramènerait le taux "refi" à 2,75% au lieu de 3,25% actuellement.

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