L'Opep n'interviendrait que si le prix du pétrole dépasse 30 dollars

Alors que les perspectives de l'économie mondiale s'obscurcissent, une nouvelle source d'inquiétude commence à poindre : celle d'une envolée du prix du pétrole. Les marchés craignent en effet qu'une attaque des Etats-Unis contre l'Irak ne provoque la fermeture des vannes non seulement dans le pays de Saddam Hussein, mais également dans d'autres pays du Moyen-Orient, en raison d'éventuelles complications géopolitiques. En une semaine, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord pour la livraison rapprochée d'octobre a progressé de 2 dollars et tutoie aujourd'hui les 27 dollars, dépassant son niveau du printemps dernier. Or cette éventualité apparaît de plus en plus probable. Au printemps, le gouvernement américain avait d'ailleurs laissé entendre qu'une intervention militaire contre l'Irak pourrait avoir lieu en septembre. Ce matin, le New York Times ajoute à la nervosité des marchés en révélant que des armes et des munitions seraient transférées par l'armée américaine vers le Golfe persique. Selon le quotidien, deux cargos auraient pris la route avec des hélicoptères et des véhicules et le Pentagone aurait signé un contrat avec le transporteur danois Maersk pour huit transports supplémentaires, notamment de chars. Si cette information ne signifie pas que l'attaque américaine est imminente, elle prouve pourtant que l'armée se prépare en vue d'une telle attaque.Parallèlement, la déclaration à Moscou du ministre koweïtien du pétrole Cheikh Ahmad Fahd Al-Ahmad al-Sabah a laissé les observateurs perplexes. Certes, ce dernier a repoussé l'idée d'une augmentation des quotas de production de l'Opep lors de la réunion du cartel le 20 septembre prochain à Osaka, comme le demandait le Nigeria ou l'Algérie. Mais il a tenu à rassurer les marchés : l'Opep ne laissera pas les prix déraper. Il a ainsi indiqué que les quotas actuels étaient "bons" pour chacun des pays du cartel, "sauf si le prix du panier dépassait les 30 dollars". Alors, a précisé le ministre koweïtien, "nous ferons de notre mieux pour ramener les prix à la normale, soit dans la fourchette de 22 à 28 dollars". Le "panier" de l'Opep prend en compte le prix du pétrole sur les différents marchés de la planète. Jeudi, il s'établissait à 26,34 dollars.La politique actuelle de quotas et de stabilité des prix dans la fourchette de 22 à 28 dollars de l'Opep, qui semblait le mois dernier très menacée, revient donc au goût du jour avec la remontée du prix du pétrole. La remontée des revenus qui y est liée calme en effet les partisans d'un relèvement de la production et les marchés peuvent continuer de voir dans le cartel un gage de stabilité. Cheikh Ahmad Fahd Al-Ahmad al-Sabah a d'ailleurs également tenu à désamorcer les risques d'une "guerre des prix" entre l'Opep et la Russie. Ce dernier pays a décidé de relever sa production, mettant fin à neuf mois d'alignement sur la politique du cartel. Pour le ministre koweïtien, cette hausse ne remet pas en cause la fourchette acceptée par l'Opep et elle devrait être compensée "par l'augmentation de la demande aux Etats-Unis et en Chine". Malgré ce discours de stabilité, certains acteurs du marché ont interprété le discours kowetien comme une possibilité laissé au baril de grimper jusqu'à 30 dollars. En conséquence, le prix du Brent de la mer du Nord pour la livraison d'octobre restait stable à un haut niveau lundi à 27 dollars à 18 heures.

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