La BCE croit à l'accélération de la croissance fin 2002

Le scénario d'une accélération de la croissance dans la zone euro au deuxième semestre 2002 semble se confirmer. Aujourd'hui, Otmar Issing, le chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), a confirmé qu'il "s'attendait à un début de reprise modérée" au cours du premier semestre 2002. Au cours de la seconde partie de l'année, la croissance devrait "gagner en vigueur", selon l'expert de la BCE, qui avance la possibilité d'un rythme annuel de croissance de 2,5% à la fin de l'année.Otmar Issing s'est donc dit "certain que le creux de la vague est derrière nous", même si l'ampleur de la reprise reste "très incertaine". Un tel scénario de reprise avait déjà été évoqué par les ministres français et allemand de l'Economie la semaine dernière. La consommation des ménages et la production industrielle françaises de février sont venus conforter ces affirmations, en montrant un redressement des conditions économiques dans l'Hexagone (lire ci-contre). De même, l'indice de l'institut ZEW, qui mesure l'optimisme sur l'évolution de la conjoncture allemande, a gagné 21 points à 71,2. Il revient ainsi au niveau de juillet 2000. Mardi, l'institut de conjoncture de Kiel Ifw avait annoncé une prévision de croissance de 1,2% pour l'Allemagne en 2002. Les prévisions du gouvernement misent sur 0,75% seulement.La question que se posent les observateurs est désormais celle des conséquences d'un tel scénario. Après le changement de "biais" de la Fed et le relèvement des taux par la banque centrale suédoise hier, Otmar Issing a naturellement été interrogé sur les perspectives de remontée des taux européens.L'économiste de la BCE a refusé de se prononcer sur ce sujet. Néanmoins, il s'est exprimé sur le risque d'inflation qui guette la zone euro depuis le début de l'année. Les prix ont progressé dans l'Euroland de 2,7% en rythme annuel en janvier et de 2,4% en février. Otmar Issing s'est dit convaincu que l'inflation reviendra sous la barre des 2% dans le courant du deuxième trimestre 2002. Il a indiqué que l'actuelle croissance rapide de la masse monétaire ne représentait pas pour le moment un risque sur les prix de la zone euro. Néanmoins, Otmar Issing semble avoir confirmé que l'inflation était actuellement une des priorités de la Banque centrale européenne. Ainsi, si aucune modération de la masse monétaire n'apparaît dans les mois qui viennent, l'économiste de la BCE prévient "qu'il pourrait s'avérer nécessaire de réévaluer l'impact de l'évolution des phénomènes monétaires en matière de risques pesant sur la stabilité des prix". Autrement dit, une hausse des taux de la BCE deviendrait envisageable pour limiter la circulation monétaire.D'autant qu'Otmar Issing a évoqué deux dangers qui guettent les prix européens et qui pourraient amener la BCE à réévaluer sa politique monétaire. Les salaires, tout d'abord. Selon l'économiste, la BCE "surveille de très près" les négociations salariales en Europe. Il s'agit d'un message clair pour le gouvernement allemand qui pourrait être tenté, pour raisons électorales, de céder aux exigences syndicales actuelles (lire ci-contre). L'autre danger évoqué par Otmar Issing est le "scénario de guerre au Proche Orient" qui pourrait renchérir le coût de l'énergie dans une Europe qui, croissance oblige, en consommerait davantage. Là encore, le risque d'inflation n'est pas négligeable selon la BCE.latribune.f

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