Lente sortie de récession pour l'Allemagne

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L'institut de recherche économique DIW de Berlin discerne les premiers indices d'une reprise économique en Allemagne mais estime que cet élan sera trop faible. Les économistes berlinois ont révisé ce matin leur prévision de croissance pour l'Allemagne à 0,6 % de progression du PIB en 2002 (par rapport à 2001) contre encore +1,3 % pronostiqué en octobre dernier dans leur rapport d'automne conjoint avec les cinq autres principaux instituts allemands de conjoncture. Au dernier trimestre 2001, la première économie de la zone euro se serait, d'après eux, enfoncée dans la récession avec un recul de - 1 % du PIB en glissement trimestriel après déjà un léger recul (-0,14%) entre juillet et septembre 2001. La croissance allemande accuserait ainsi une chute vertigineuse, passant de +3 % en 2000 à + 0,6 % l'an dernier (face aux 2,1% pour la croissance française en 2001). Le gouvernement fédéral pourrait d'ailleurs, dès la fin janvier, corriger à la baisse sa prévision de croissance pour 2002. Au lieu de 1,25 %, Berlin limiterait, d'après des sources gouvernementales, son pronostic à une fourchette de 0,75 à 1 % de progression du PIB cette année. Si le DIW s'attend à ce que la conjoncture reparte en Allemagne dans le courant du second trimestre 2002, la faiblesse du début d'année limitera le rebond de la croissance annuelle à 0,6 %, la France devant enregistrer 1,3 % de croissance en 2002. En 2003, l'économie allemande se requinquera à + 2,1 % de croissance. Toutefois même à ce niveau de croissance, un effet durable sur le marché du travail ne se fera pas sentir. « 2,1 % est justement le seuil permettant de maintenir le nombre d'emplois mais c'est trop peu pour en créer », indique Gustav-Adolf Horn, économiste en chef du DIW. Et si la reprise n'intervient qu'au troisième trimestre 2002, une légère contraction économique n'est pas exclue pour l'ensemble de l'année. En moyenne, l'Allemagne comptera 4,04 millions de chômeurs cette année, en hausse par rapport aux 3,852 millions l'an passé. Avec la publication demain des chiffres du chômage pour décembre, l'Allemagne pourrait déjà dépasser ce seuil psychologique de 4 millions de sans-emploi (en données brutes). Le chancelier Schröder se présentera ainsi le 22 septembre prochain aux électeurs en ayant raté l'objectif de sa législature : abaisser le chômage à 3,5 millions de personnes. Si Gustav-Adolf Horn estime que « cet été, le chancelier Schröder pourra dire qu'au second trimestre 2002 une situation meilleure s'est enclenchée », il reste à savoir si cela suffira pour convaincre les électeurs de la perspective d'un avenir plus radieux. En 2003, le nombre moyen de chômeurs baissera à peine, d'après le DIW, à 3,959 millions. La récession actuelle en Allemagne s'est engagée un peu à la surprise générale, notamment en liaison avec le rebond des prix du pétrole, l'inflation causée par la maladie de la vache folle et bien sûr les attentats du 11 septembre et ses conséquences. Le DIW a constaté que « les effets négatifs provenant des Etats-Unis se font sentir plus vite sur l'économie allemande ». « Il y a un lien entre les principaux indicateurs américains et, par exemple, l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne » note le DIW. « Ce lien s'est renforcé depuis le milieu des années 1990 (...) la situation négative américaine a un impact immédiat de par, notamment, le fort échange d'informations, le marché des capitaux globalisé », remarque le DIW.

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