Déceptions et inquiétudes pèsent sur Pernod Ricard

Avec un chiffre d'affaires en petite progression de 4% à 4,6 milliards d'euros, et un résultat opérationnel en hausse de 7% à 451 millions d'euros, le groupe Pernod Ricard publie à première vue des résultats légèrement moins bons qu'attendus. En effet le consensus Reuters tablait sur un résultat opérationnel de 460 millions d'euros.Il faut ajouter à ces chiffres d'importants éléments exceptionnels, puisque l'exercice 2001 a été marqué par l'intégration de l'acquisition des alcools de Seagram. Grâce à elle, le résultat net part du groupe progresse de 84% (32% hors exceptionnels) à 358 millions d'euros. La branche "vins et spiritueux", qui représente maintenant, avec Seagram, les trois quarts du résultat d'exploitation, affiche une hausse de 14% à 344,3 millions d'euros. De retour de réunion, les analystes sont déçus par cette performance : Aurel Leven, interrogé par l'AFP, attendait un résultat à 347,8 millions d'euros.Pour financer l'achat des alcools de Seagram, Pernod a cédé ses activités non-stratégiques comme les jus de fruits (Orangina-Pampryl, San Giorgio, Italcanditi, Agros). Le chiffre d'affaires de cette activité recule donc logiquement de 10%, avec une marge opérationnelle stable à 5,5%.Si les chiffres de l'exercice passé sont peu significatifs, en raison de cette part importante d'éléments exceptionnels et du changement de périmètre, le recentrage de Pernod Ricard sur l'alcool a été salué par l'ensemble des observateurs. La qualité de l'acquisition réalisée par Pernod est déjà largement validée par le marché (lire ci-contre). Ainsi depuis décembre, date de la finalisation de l'acquisition, la valeur Pernod Ricard a grimpé de près de 8%.Grâce à son acquisition, Pernod Ricard espère atteindre en 2002 les objectifs de bénéfice par action attendus en 2003. Le groupe s'attend ainsi à une augmentation de 50% de son BNPA en 2002 par rapportt à 1999, et à un doublement de son résultat opérationnel dans les "vins et spiritueux".A la fin 2002, Pernod Ricard estime son ratio dette sur Ebitda à 3,1 à la fin de 2002, ce qui le place en avance par rapport à l'objectif de 3,4 annoncé lors de l'annonce du rachat des alcools de Seagram. Ce mardi, c'est pourtant la déception qui domine après les précisions sur le positionnement, la notoriété, l'état de santé des marques rachetées au groupe Seagram, notamment sur le marché américain dominé par le géant Diageo. Les analystes sont ainsi inquiets des mauvais résultats de Chivas et Martell, deux marques de Seagram. Les deux alcools ont vu leurs ventes baisser au premier trimestre 2002, respectivement de 15 et 18%. Pernod Ricard a par ailleurs annoncé un surstockage de 750.000 litres de Chivas et de 450.000 litres de Martell."Nous avons récupéré des marques qui ont souffert un peu mais nous avons une expérience qui nous permet d'être relativement optimistes", a commenté le président Patrick Ricard lors d'une conférence de presse. "Le marché prend aussi conscience que 2002 va marquer une pause dans le développement du groupe", explique un analyste interrogé par Reuteurs.Sous le coup des déceptions et des inquiétudes, Pernod Ricard clôture en baisse de 3,51% à 90,60 euros, enregistrant une des plus fortes baisses du SRD.latribune.f

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