Le prix du silence

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A la clôture, hier soir, l'action du deuxième groupe américain de distribution se languissait à son niveau le plus bas... depuis le milieu des années soixante. Depuis le 1er janvier, le titre Kmart a perdu près des trois quarts de sa valeur. Les unes après les autres, les agences spécialisées ont revu à la baisse les notations de son crédit au cours des dernières semaines. Dernière humiliation en date : l'action a été éjectée de l'indice S&P 500 à compter d'hier matin - et donc aussitôt vendue massivement par les gérants de fonds indiciels.Qu'avaient bien pu dire ou faire Kmart et son P-DG Chuck Conaway pour mériter une telle disgrâce ? Rien, et c'est là tout le problème.Car Kmart va mal. Ses 2.100 grandes surfaces, ses 40 milliards de dollars de chiffres d'affaires annuels dissimulent de moins en moins bien sa santé chancelante : des parts de marché qui ne cessent d'être grignotées par ses concurrents WalMart et Target, une saison de Noël qui s'achève sur une performance décevante après 350 millions de dollars de pertes nettes accumulées au cours des trois premiers trimestres de l'année.Le conseil d'administration de Kmart a planché sur son avenir au début de cette semaine. Mais, mercredi soir, il n'avait toujours pas fait connaître le résultat de ses délibérations, ni répondu clairement aux questions que posent d'une même voix analystes et investisseurs : peut-il encore échapper à la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites ? Si oui, à quel prix et avec quelle stratégie ?Ce silence coûte cher aux actionnaires de Wal Mart : plus de 800 millions de dollars de capitalisation boursière pour la seule journée d'hier, plusieurs milliards depuis le début de l'année.A ce prix-là, le silence est un luxe que Chuck Conaway et les conseillers qui l'entourent ne pourront plus s'offrir très longtemps.

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