S&P pourrait à son tour dégrader France Télécom

Les opinions ne divergent pas dans le domaine de la notation de dettes. Comme ses deux grands concurrents (Moody's et Fitch), Standard & Poor's vient lui aussi de placer sous surveillance, avec implication négative, la note (BBB+) de la dette à long terme de l'opérateur français. L'agence précise toutefois qu'un éventuel déclassement serait limité à un cran, soit BBB.L'inquiétude de l'agence concerne le dossier MobilCom (voir ci-contre). Si les marchés d'actions ont été plutôt satisfaits de l'imminence d'un accord, Standard & Poor's y voit en revanche un élément pouvant alourdir la dette de France Télécom, qui s'élève à plus de 60 milliards d'euros. Au terme de cet accord encore conditionnel, des banques partenaires devraient reprendre les parts détenues par Gerhard Schmid, le fondateur de MobilCom, et son épouse. Une isuue qui éviterait à France Télécom (actionnaire à hauteur de 28%) de lancer une offre, de prendre le contrôle de MobilCom et donc d'en consolider la dette (de près de 7 milliards d'euros). Néanmoins, des incertitudes demeurent. Car si le scénario d'une consolidation de la dette de MobilCom s'est éloigné, France Télécom pourrait tout de même en garantir une partie. "Nous ne pouvons exclure qu'il y aura des obligations [vis-à-vis de la dette de MobilCom]. Tout le monde devra faire des sacrifices ou des concessions. Je pense que nous sommes ouverts à la prise d'engagements, mais pas sur tout. Nous verrons bien quel sera le résultat", a d'ailleurs indiqué Jean-Louis Vinciguerra, directeur financier du groupe français. Les banques créancières de l'Allemand devraient notamment refinancer, avant juillet, une ligne de crédit de 4,7 milliards d'euros. Et pour certains analystes, la contrepartie de la prise de participation des banques au capital de MobilCom serait que France Télécom se porte garant de cette opération de refinancement. Toutefois, l'opérateur a indiqué que les négociations n'avaient pas encore commencé. L'incertitude demeure donc quant à la part de l'endettement sur laquelle pourrait s'engager France Télécom.S&P précise de son côté que la surveillance restera effective jusqu'à ce qu'une décision définitive soit annoncée.Pour les mêmes raisons, Moody's et Fitch ont elles aussi, mais dès mercredi, placé la note de France Télécom sous surveillance. Comme pour S&P, la décision de Moody's concerne la dette à long terme (notée Baa1) et un déclassement n'excèderait pas un cran (à Baa2). Quant à Fitch, la mise sous surveillance touche non seulement la dette senior non garantie (BBB+) mais aussi la dette à court terme (F2).Ce jeudi, l'action France Télécom restait insensible à la nouvelle. Elle terminait en hausse de 1,21% à 35,12 euros. Mercredi, elle avait en revanche cédé 2,25% à 34,70 euros. Touchée simultanément par les difficultés persistantes dans le secteur des télécommunications et par le différend avec MobilCom, l'action de l'opérateur lâche plus de 20% sur l'année.latribune.f

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