Alstom envisage des cessions

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Si la communication du groupe n'a pas toujours été jugée pertinente (en juillet 2000, il a perdu un milliard d'euros de capitalisation après avoir révélé des défauts sur ses turbines à gaz), Alstom semble aujourd'hui avoir fait des progrès. En effet, il y a seulement vingt-quatre heures, certains pouvaient douter du groupe, qui a annoncé un chiffre d'affaires sur neuf mois inférieur aux attentes et une baisse de ses commandes de 7% (voir ci-contre). Mais mercredi matin, Alstom redresse la barre avec une annonce qui intervient à point nommé. Dans un entretien accordé au Financial Times, Pierre Bilger, le président du groupe français, précise qu'il envisage de procéder à des cessions pour réduire l'endettement de sa société. L'objectif du groupe est de le faire redescendre "substantiellement" à la fin du prochain exercice qui sera clos fin mars 2003. Un projet en mesure de rassurer les investisseurs car lors de l'annonce de ses résultats semestriels et de son "profit-warning" en novembre (voir ci-contre), les professionnels n'avaient pas omis de relever - pour s'en inquiéter - le niveau d'endettemement, passé de 1,63 à 2,05 milliards d'euros en six mois.Pierre Bilger ne précise pas pour l'heure quels seront les actifs dont il se séparera mais il n'exclut pas une cession de la branche marine après les élections présidentielles et législatives. Là aussi, le choix pourrait apparaître judicieux et séduisant aux yeux des investisseurs. Certes, cette branche n'intervient qu'à hauteur de 5% dans le chiffre d'affaires. Toutefois, c'est elle qui avait été la cause de la chute du titre de 50% en une semaine après la faillite de Renaissance Cruise (voir ci-contre) au mois de septembre. Depuis cet événement, les professionnels sont prudents face à ce pôle d'activité, notamment en raison des crédits fournisseurs accordés par Alstom. Et le chiffre d'affaires publié mardi ne les fera pas changer d'avis. Car c'est la branche marine qui est la principale responsable de ces chiffres décevants, avec un volume d'activité en baisse de 39% et un carnet de commandes en chute de 85%.Si la vente des activités de construction navale serait en mesure de plaire au marché, le groupe envisage aussi d'obtenir des liquidités en échange de son patrimoine immobilier évalué entre 500 millions et 1 milliard d'euros.Pierre Bilger vient donc de donner le coup d'envoi au désendettement à horizon 2003, et cela semble satisfaire le marché. Mais tout n'est pas joué pour autant. A cette même échéance, le groupe aura un autre défi à relever: celui du redressement de sa rentabilité. Après un exercice 2001/2002 qui devrait se solder par une marge opérationnelle de 4,4% (soit 0,3 point de moins que l'année précédente), Alstom ambitionnait initialement d'atteindre un chiffre de 6% en 2002/2003. Mais en novembre dernier, il a déclaré que cet objectif serait difficile à obtenir sans pour autant donner une nouvelle prévision chiffrée.Après son envolée de 5,47% mardi, le titre a dans la matinée accru ses gains en s'octroyant jusqu'à près de 4,5%. Mais à partir de 13h30, au moment où le marché a accentué ses pertes, l'action est rapidement revenue sur ses gains et s'enfonce en clôture de 2,96% à 13,10 euros. Peut-être les investisseurs ont-ils été tentés de prendre leurs bénéfices à un moment où le titre gagnait plus de 7,5% sur deux jours? D'autant que contacté par l'AFP dans la journée, Pierre Bilger a réaffirmé que la cession de la branche marine n'était pas la seule option possible. "Rien n'est exclu, mais il ne faut pas se focaliser sur la marine, sachant que l'ensemble du portefeuille est revu de façon permanente", a-t-il souligné.latribune.f

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