"2002 verra une amélioration progressive de la qualité de crédit"

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La Tribune.- Quel a été l'impact du 11 septembre sur la qualité de crédit ?François Veverka. - Cet impact aura été finalement plus mesuré que prévu. Certes, l'effet a été immédiat dans les secteurs directement touchés par les conséquences des attentats, comme les compagnies aériennes, le tourisme ou la réassurance. Mais, dans l'ensemble, les marchés ont bien résisté. Aujourd'hui, nous sommes revenus en Europe à une situation pré-11 septembre, avec en particulier une progression sensible des émissions de dette par rapport au record de 1999.Quelles leçons retirez-vous des grandes faillites de 2001 ?Raitrack, Enron, plusieurs acteurs américains dans le secteur de l'énergie, l'Argentine... Ces faillites sont souvent le fait de facteurs très différents : dans certains cas, il s'agit de décisions contingentes, comme le refus d'un garant ou d'un actionnaire de continuer à apporter son soutien. Dans d'autres, il s'agit d'un changement brutal d'appréciation par le marché, interrompant l'accès aux refinancements. Dans le cas de l'Argentine, il s'agit de problèmes endémiques largement anticipés et qui n'ont pas eu d'effet de contagion trop sérieux jusqu'à présent. Dans tous les cas, la qualité de l'information est essentielle. D'un point de vue plus spécifique, le développement important des clauses de remboursement automatique en cas d'abaissement du niveau de notes pose incontestablement problème, en particulier lorsque cette pratique n'est pas correctement communiquée au marché.Quelles perspectives pour 2002 ? Dans l'attente d'une reprise progressive aux Etats-Unis courant 2002 qui se propagera ensuite en Europe, nous anticipons une année moins " turbulente " que 2001, avec une amélioration progressive de la qualité de crédit. Cependant, les dégradations l'emporteront encore largement sur les relèvements de notes, non seulement en raison de faillites accrues dans le secteur " high yield " mais du fait de difficultés propres à certaines activités comme l'aéronautique, la chimie ou les services aux collectivités notamment au Royaume-Uni. Par ailleurs l'acceptation par le marché de notes de niveau BBB devrait continuer, car elles reflètent un compromis entre la préservation des intérêts des actionnaires et des prêteurs. Enfin, le boom des financements structurés devrait se poursuivre dans toute l'Europe.Propos recueillis par Christophe Tricaud

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