Les profits des pétroliers ne cessent de baisser

Après BP il y a deux jours, qui a enregistré une baisse de 36% de son bénéfice net (lire ci-contre), c'est au tour d'ExxonMobil, le leader mondial du secteur, et de Royal Dutch/Shell de dévoiler leurs mauvaises performances pour le deuxième trimestre.Si le recul des résultats de BP était anticipé, les chiffres d'ExxonMobil et de Shell surprennent par leur ampleur. ExxonMobil dévoile ainsi une baisse de 41% sur un an de son bénéfice net à 2,64 milliards de dollars au deuxième trimestre 2002. Le bénéfice net par action s'est élevé à 39 cents contre 65 cents au premier trimestre 2002, alors que les analystes tablaient sur un bénéfice par action de 46 cents. De son côté, Shell publie un bénéfice net de 2,2 milliards de dollars, en repli de 38%, un résultat inférieur aux attentes. Le consensus des analystes relevé par Reuters espérait une fourchette comprise entre 2,1 et 2,7 milliards de dollars, avec une moyenne de 2,4 milliards.Aux environs de 26 dollars le baril, le cours du pétrole peut difficilement faire office d'excuse comme ce fut le cas pour le premier trimestre. Les cours du brut restent ainsi au-dessus des moyennes historiques, note Reuters, grâce au phénomène dit de "war premium". Une prime de guerre de nature à doper la demande dans la crainte d'une raréfaction, et qui tire les prix vers le haut. L'absence de visibilité géopolitique, alors que le conflit israëlo-palestinen s'embourbe et que l'on parle de plus en plus, à Washington, d'une possible offensive contre l'Irak de Saddam Hussein, ne fait que renforcer cette tendance.Exxon, dont les bénéfices s'amenuisent pour le quatrième trimestre consécutif, explique dès lors sa mauvaise performance par les baisses de commandes de carburant de la part des compagnies aériennes, conséquence de la crise du secteur depuis le 11 septembre. Il souligne aussi la baisse du prix du gaz naturel (22% en un an), un effet de stocks du à la conjoncture économique et à un hiver relativement doux aux Etats-Unis. Seule l'activité de produits chimiques tire son épingle du jeu et parvient à doubler son résultat, à 269 millions de dollars.Mais pour BP, Exxon et les autres, particulièrement pour Shell, la principale difficulté vient des marges du raffinage, qui ne cessent de baisser en raison des surcapacités. Pour Phil Watts, président de Shell, la conjoncture actuelle dans le raffinage est la "pire de mémoire d'homme", affirme-t-il dans un entretien accordé à l'agence Reuters. L'action Shell perd 7% à la Bourse de Londres, tandis que l'action ExxonMobil chute de 6% sur le NYSE. Dans leur sillage Total Fina Elf, valeur la plus travaillée cette séance, perd 6,10%.