Société Générale en hausse malgré des exceptionnels

La baisse des bénéfices de Société Générale est la plus forte des grands établissements français. En effet, BNP Paribas et Crédit Lyonnais, qui ont publié leurs trimestriels hier (lire ci-contre), ne voient leurs profits reculer que de 16 et 13% respectivement. Toutes sont pénalisées par les activités de banque d'investissement et de gestion d'actifs, ainsi que par une augmentation de la charge des risques liées aux expositions sur divers dossiers, Enron ou WorldCom. Mais seule Société Générale voit son activité de banque de détail reculer, alors que ses concurrents maintiennent une augmentation, même légère, de cette branche.Le groupe a publié vendredi matin un résultat net de 376 millions d'euros au deuxième trimestre 2002, en baisse de 41% comparés aux 641 millions du deuxième trimestre 2001, alors que les analystes prévoyaient un bénéfice net de 450 millions d'euros. Selon le communiqué de la banque, ce recul du résultat s'explique notamment par une "provision exceptionnelle prudentielle" sur son portefeuille de participations industrielles. "La forte dégradation et la volatilité des cours des actions françaises ont conduit le groupe à provisionner à hauteur de 265 millions d'euros la dépréciation latente du portefeuille de participations industrielles", a expliqué la Société Générale. Cette charge exceptionnelle se décline en deux parties. Une provision exceptionnelle de 150 millions d'euros, et une provision de 115 millions, passée "par application des méthodes comptables usuellement appliquées par le groupe." Le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires, s'est affiché à 3,822 milliards d'euros, en hausse de 14%. A périmètre et change constants, la hausse du PNB au deuxième trimestre ressort à 5%. Le résultat brut d'exploitation (RBE) est en hausse de 30% (+16% en constant) par rapport au deuxième trimestre 2001, à 1,333 milliard d'euros. Le ROE (Return on equity, retour sur capitaux engagés) a fortement baissé, s'établissant à 9,8% pour le deuxième trimestre, contre 18,4% pour la même période l'année précédente. La charge du risque est au total de 287 millions d'euros sur le trimestre (contre 181 au deuxième trimestre 2001). "Ce niveau est stabilisé par rapport aux trimestres précédents", a indiqué la banque. Les frais généraux ont progressé de 8% à 2,6 milliards milliards d'euros, contre 2,4 milliards au deuxième trimestre 2001, du fait des acquisitions. Mais à périmètre et taux de change constants, ils sont restés stables.  "Dans une conjoncture particulièrement médiocre, le groupe Société Générale a confirmé son aptitude à faire progresser le produit net bancaire dans toutes les activités tout en maîtrisant ses frais généraux et ses risques", a indiqué le PDG Daniel BoutonLe secteur de la banque d'investisssement, dont les analystes redoutaient les contre-performances en raison du raison du marasme boursier, a accusé un recul de son bénéfice net de 37% a 185 millions d'euros, contre 135 millions pour le même trimestre l'année dernière. Le PNB de cette branche a cependant progressé de 10% à 1,3 milliards d'euros. "Les résultats de la banque de financement et d'investissement sont remarquables compte tenu de l'environnement économique et financier difficile qui a prévalu au second semestre tant sur les marchés actions que sur les marchés de crédit", s'est félicitée la banque. Dans cette activité, la Société Générale a précisé qu'elle avait "une charge de risque" de 68 millions pour quatre dossiers de télécoms et "une charge du risque américain contenue." La banque de détail a dégagé un bénéfice net en baisse de 3% à 290 millions d'euros, contre 300 millions sur la même période l'année dernière.Enfin, le secteur gestion d'actifs a dégagé un bénéfice net de 61 millions d'euros en baisse de 6%, contre 65 millions d'euros sur la même période correspondante. La baisse, exceptionnelle dans les deux sens du terme, du résultat net n'empêche pas le groupe de confirmer ses objectifs de progression du produit net bancaire dans toutes les activités et de maîtrise des frais généraux et des risques.Les rachats à bon compte dopent le titre qui jeudi, a dévissé de plus de 8%. Vendredi en clôture l'action gagne 7,09% à 55,90 euros. Depuis plusieurs séances, les opérateurs arbitrent en faveur de la banque qui a été choisie pour la privatisation d'Air France.

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