Le Bundestag donne un accord de principe pour l'A400M

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C'est un nouveau pas quelque peu hésitant vers la mise en oeuvre du projet A400M: les députés allemands ont approuvé hier soir le financement de l'achat de 73 avions de transport militaire Airbus. Cette décision était d'autant plus attendue qu'elle semblait de plus en plus incertaine ces derniers jours, en raison de dissensions au sein même de la majorité gouvernementale.Deux arguments étaient principalement opposés à l'acceptation du projet. D'une part, le coût en est élevé (8,58 milliards d'euros), alors que l'Allemagne est fortement exposée au ralentissement économique en raison du niveau de ses exportations. D'autre part, les experts des finances des groupes de la majorité gouvernementale (verts et sociaux-démocrates) ne voulaient pas que les députés s'engagent alors qu'une nouvelle chambre sera élue en septembre.Finalement, les élus de la majorité ont accepté le projet mais après des débats houleux au Bundestag. Les communistes ont voté contre et l'opposition a refusé de participer au vote, arguant que les explications du ministre de la Défense étaient "totalement insuffisantes".Du coup, dès vendredi matin, l'opposition chrétienne-démocrate et libérale a déposé une plainte devant la Cour constitutionnelle au sujet du vote de jeudi soir. Elle estime en effet que le projet de financement de l'achat des appareils ne peut se passer de l'adoption d'un additif budgétaire.Le scrutin de jeudi soir a consisté simplement, en fait, à faire adopter une motion exprimant "la volonté" d'inclure la deuxième partie du financement dans le budget 2003, qui doit être voté à la fin de l'automne prochain. Car légalement, le Bundestag, dans sa composition d'aujourd'hui, ne peut s'engager pour le budget 2003 au nom du parlement qui sera issu des législatives de septembre, comme l'a relevé la Cour des Comptes dans un rapport remis lundi dernier au gouvernement. Le chancelier Gerhard Schroeder a donc dû se résoudre à cette demi-mesure pour rassurer les partenaires de l'Allemagne dans le programme européen de gros porteur militaire quant à la volonté de son pays d'y participer. Car l'approbation de l'Allemagne est capitale pour le projet A400M. La France veut acquérir 50 appareils, l'Espagne 27, la Grande-Bretagne 25, la Belgique 7, la Turquie 10, le Portugal 3 et le Luxembourg 1. Ce qui représente un total de 123 avions. Or, le programme n'est financièrement viable que si les commandes atteignent au minimum 180 appareils. La participation de l'Allemagne, portant les commandes à 196 appareils, est donc cruciale. D'où la position de Paris et Londres, notamment, qui exigeaient l'approbation formelle du Bundestag d'ici le 31 janvier, faute de quoi ils ne se considéreraient pas liés par leurs engagements d'achat formalisés en décembre dernier.Si l'accord voté hier soir a donc permis de franchir une nouvelle étape, la partie est encore loin d'être gagnée. Outre les éventuelles suites du recours de l'opposition devant la Cour constitutionnelle, la décision finale appartiendra de toutes façons à la nouvelle chambre qui sera élue le 22 septembre prochain.latribune.fr, avec agence

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