General Electric, prochain cauchemar de Wall Street ?

General Electric va-t-il déclencher une nouvelle vague de panique à Wall Street ? C'est fort possible. Alors que les investisseurs peinent à se remettre des effets systémiques du scandale Enron, le marché se met à craindre que l'une des sociétés qu'il respectait le plus jusqu'à présent ne lui ait également caché quelques secrets de fabrication. Cette fois-ci, c'est un gérant obligataire et non boursier qui a mis le feu aux poudres. Et pas des moindres. Manager de Pimco, le plus gros fonds obligataire du monde, William Gross considère que l'ancien président du groupe, le célèbre Jack Welch, et son successeur Jeffrey Immelt, n'ont pas "totalement expliqué comment General Electric a été capable d'augmenter ses bénéfices de près de 15 % par an ces dernières décennies". Selon le gérant, General Electric accroît ses bénéfices "non pas tant par le talent de sa gestion ou la diversité de ses opérations, comme Welch et Immelt le clament, mais par des acquisitions de sociétés". Acquisitions dont le nombre s'élève parfois, il est vrai, à cent par an ! La prise de conscience d'un tel appétit par les investisseurs risque de peser sur le marché. Car, si General Electric constitue, avec une capitalisation boursière de 372 milliards de dollars, la plus grosse valeur du monde, il s'agit également de l'une des entreprises les plus endettées de la planète. GE doit en effet rembourser 103 milliards de dollars de dettes en effets commerciaux (qui atteignent trois fois le montant des lignes bancaires censées les garantir) et en obligations à court terme d'ici à neuf mois... à l'aide d'obligations de plus long terme. Contrairement à ce qu'affirme haut et fort sa direction, General Electric risque d'éprouver quelques difficultés à demeurer dans le club très fermé des neuf sociétés du Standard & Poor's 500 bénéficiant de l'illustre note " AAA " de l'agence Moody's. Si le groupe n'y parvient pas, le titre risque de dévisser et avec lui, l'ensemble du marché. De fait, après les malversations comptables, les périmètres d'intégration pourraient bien devenir le nouveau champ de mines de Wall Street.

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