PPR attaqué sur ses pratiques comptables

PPR voudrait-il le beurre et l'argent du beurre ? C'est la question qu'inspire le groupe français aux observateurs ce lundi, après les critiques du Wall Street Journal sur la décision du groupe de ne pas comptabiliser avant 2005, date de son passage aux normes comptables IAS, une charge d'amortissement de 500 millions d'euros provenant de Gucci. Le bijou du groupe acquis après une lutte sévère contre LVMH.Selon le quotidien américain, cette pratique n'a rien d'illégal mais suscite une certaine indignation au sein de la communauté des analystes. En effet, elle aurait déjà permis à PPR de ne pas enregistrer dans ses comptes près de 200 millions d'euros de charges entre 1999 et 2001, avec pour effet de "doper" le profit net de PPR de 3% en 2000 et de 8% en 2001.Gucci, qui est coté à Amsterdam et à New York, doit suivre les indications de la SEC (le gendarme boursier de Wall Street) et comptabiliser au titre de l'amortissement des survaleurs les charges d'Yves Saint Laurent, acquis en 1999. PPR, qui passera des normes comptables françaises aux normes internationales en 2005, refuse de faire de même pour Gucci, sa filiale à 53%. Le groupe de François Pinault estime en outre pour sa défense qu'il n'a pas à consolider les charges de Gucci au motif que ses concurrents ne le font pas.Pour l'analyste de Morgan Stanley interrogé par le Wall Street Journal, cette pratique est "laxiste". L'expert ne semble pas le seul à être choqué par ce choix de PPR, en pleine période de crise de confiance à l'égard des comptes des entreprises. Les opérateurs punissent PPR en vendant le titre, qui perdait plus de 5% à Paris en mi-séance. Lundi, l'action baisse de 6,12% à 76,65 euros. Elle perd 16% en cinq séances et 50% depuis le début de l'année.

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