La France en récession en 2003, selon la Caisse des Dépôts

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Si le gouvernement fait encore - mais pour combien de temps? - semblant d'y croire, les économistes sont désormais sans illusion: la France ne parviendra pas à afficher en 2003 la croissance annoncée de 0,5%. Certains, comme Marc Touati chez Natexis Banques Populaires, estiment que le produit intérieur brut (PIB) ne progressera que de 0,2% cette année, soit encore un net ralentissement après le pourtant maigre 1,2% de 2002. D'autres sont encore plus pessimistes. C'est le cas de la Caisse des dépôts et consignations. L'indicateur avancé de CDC établit que la France devrait être en récession cette année, avec un recul du PIB de 0,1%, soit la plus mauvaise performance depuis 1993.Cet indicateur n'est pas une prévision mais une projection à partir des dernières données statistiques disponibles. L'étude montre que le pays est entré en récession fin septembre. Après une contraction de 0,3% au deuxième trimestre, le PIB devrait s'inscrire en recul de 0,1% au troisième. Ces deux trimestres consécutifs de repli signifieraient techniquement l'entrée en récession de la France. Et si rien n'est pour l'instant officiellement acté du côté des pouvoirs publics, certains commencent à préparer les esprits. C'est notamment le cas de Jean-Pierre Raffarin. Le Premier ministre, en visite officielle en Russie, a admis l'existence d'un "contexte récessif".Cette situation pourraient cependant être paradoxalement d'une aide précieuse pour la France au moment où le gouvernement Raffarin s'apprête à affronter l'ire de Bruxelles sur la question des déficits (lire ci-contre). La dégradation de la conjoncture permettra à Paris d'invoquer des "circonstances particulières" pour tenter d'amadouer la Commission européenne. Ce soir à Luxembourg, le ministre de l'Economie prendra la température de ce dossier chez ses partenaires européens lors de l'Eurogroupe. Francis Mer va tenter de convaincre ses homologues que la France est décidée à ramener son déficit public sous les 3% du PIB en 2005. Bruxelles devrait néanmoins constater dès mercredi que Paris n'a pas mis en oeuvre les mesures pour réduire son déficit. La France devrait afficher cette année un déficit public de 4% du PIB et prévoit pour 2004 de le ramener à 3,6%. Selon le projet de recommandation que la Commission européenne devrait adopter mercredi - et que La Tribune s'est procuré - Bruxelles invite l'Ecofin à constater qu'"aucune action suivie d'effets n'a été prise en réponse à sa recommandation adressée à la France le 3 juin". Une autre recommandation devrait être adoptée par la Commission le 15 ou le 22 octobre, qui mettra la France "en demeure de prendre, dans un délai déterminé, des mesures visant à la réduction du déficit jugé nécessaire pour remédier à la situation". Le texte souligne que l'annulation de crédits de 1,4 milliard d'euros permettra de tenir l'engagement de dépenses mais "non d'améliorer les résultats budgétaires". Quant aux mesures de suppression du remboursement de certains médicaments, de hausse des taxes sur le tabac et de relèvement des contributions sociales à l'AGS, elles n'ont eu qu'un "impact limité" de 0,03% du PIB. Le document de la Commission met aussi en doute la prévision d'une croissance de 0,5% sur laquelle reposait le budget de la France pour 2003.

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