Le repli des recettes plombe le déficit budgétaire

 |  | 430 mots
Lecture 2 min.
En cette période de nette dégradation économique (lire-contre), les pouvoirs publics tentent de positiver la moindre statistique. C'est le cas ce matin avec la publication par le ministère de l'Economie des chiffres relatifs à la situation budgétaire de l'Etat. Après s'être creusé sur un an de près de 16 milliards d'euros en juillet, "l'écart de déficit d'un an sur l'autre reste stable par rapport à la situation fin juillet", se réjouit Bercy. Stabilisation certes, mais à des niveaux qui donnent tout de même le vertige puisque le déficit de l'Etat a tout de même atteint en août 63,77 milliards d'euros, se creusant de 33% par rapport à l'an dernier. Une fois de plus, la faible conjoncture pèse sur les recettes. Celles-ci se sont élevées à 137,6 milliards d'euros à la fin août, marquant un repli de 7,3% par rapport à la même période de 2002. C'est une nouvelle détérioration par rapport au constat établi fin juillet qui voyait les recettes se replier de 6,8%. Le ministère de l'Economie explique que "ce repli supplémentaire des recettes provient, d'une part, d'une augmentation des prélèvements sur recettes" (+610 millions d'euros d'un an sur l'autre au cours du seul mois d'août), ce qui est conforme aux évaluations de la loi de finances pour 2003, selon le ministère, et d'autre part, "d'un décalage temporel dans l'émission des chèques de la prime pour l'emploi". Ceux-ci avaient été émis pour l'essentiel en septembre et octobre l'an dernier, et l'ont été un peu plus tôt cette année, souligne Bercy.L'évolution des dépenses offre à l'inverse quelques éléments de satisfactions au moment où la France a fort à faire pour convaincre Bruxelles de sa bonne volonté en matière de réduction des déficits publics. La progression des dépenses sur un an passe en effet de 3,5% en juillet à 2,2% fin août pour atteindre 184,180 milliards d'euros.Même s'il témoigne du désir du gouvernement français de maîtriser les dépenses, ce ralentissement du rythme d'accroissement de celles-ci ne sera sans doute pas considéré comme suffisant par les partenaires européens de la France. Ce soir, lors de la réunion de l'Eurogroupe à Luxembourg, Francis Mer devra donc déployer des trésors de persuasion pour convaincre certains de la sincérité de Paris quand le gouvernement promet de ramener son déficit public sous les 3% du PIB en 2005. Le projet de budget pour 2004 table pour sa part sur un déficit de 3,6% après 4% attendu en 2003.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :