Le gouvernement tente de désamorcer la grogne des enseignants

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Très attendue par les enseignants, l'intervention de Jean-Pierre Raffarin à l'issue du comité interministériel sur l'éducation s'est déroulée en plusieurs actes, mardi en fin d'après-midi. Tout d'abord, le Premier ministre s'est voulu plutôt compréhensif, affirmant qu'il "entend les inquiétudes" des enseignants et qu'il "écoute leurs doutes", et souhaitant que son gouvernement y "réponde". Appelant les Français à ne pas "désigner les enseignants comme les responsables de tous les maux de la société", le Premier ministre s'est ensuite employer à rassurer les syndicats et les opposants au projet de décentralisation défendu par le tandem Ferry-Darcos. Jean-Pierre Raffarin a ainsi martelé que "l'Education est nationale et restera nationale" en dénonçant l'évocation, "sans doute par provocation", d'une "privatisation de l'éducation", une idée qui le "choque". Dans la foulée, le locataire de Matignon a proposé l'ouverture de négociations "immédiates et sans a priori" avec les syndicats sur les "missions et les garanties statutaires" des personnels dans le cadre de la décentralisation. Et conscient que la grogne des enseignants ne se limite pas à cette seule question, le Premier ministre a aussi promis des concessions sur le dossier des retraites. Il a notamment déclaré que, pour les enseignants, les années d'études seraient "prises en compte" pour les droits à la retraite et "l'accession à une seconde carrière facilitée". Jean-Pierre Raffarin a ensuite changé de registre, rappelant à l'ordre les syndicats. Face aux menaces de durcissement du conflit, le Premier ministre a de nouveau mis en garde contre tout blocage des examens. "Le gouvernement ne tolérera aucun débordement" dans ce domaine, a-t-il prévenu en demandant le respect du "droit à l'examen". Plutôt timides sur le fond, ces propositions ont suscité immédiatement des réactions négatives. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a ainsi affirmé mardi soir sa "déception" face aux propos du Premier ministre qui "ne répond pratiquement à aucune des exigences formulées", ajoutant que M. Raffarin prenait ainsi "la lourde responsabilité d'un durcissement du mouvement". Pour le Premier ministre, il s'agissait d'essayer de désamorcer le mécontentement des enseignants, qui ont encore fait la preuve, mardi, de leur mobilisation. Alors que le projet de réforme des retraites sera examiné demain en conseil des ministres, la journée a en effet été marquée par d'importants mouvements dans la fonction publique.Le cile français a été très perturbé. L'appel à la grève des contrôleurs aériens s'est traduit par l'annulation d'environ 70% des vols au départ ou à l'arrivée d'Orly et de Roissy. Plus de 6 vols sur 10 ont été également annulés à Nice et à Marseille. La CGT de la Direction générale de l'aviation civile (premier syndicat) envisage par ailleurs "sérieusement" de déposer un préavis de grève à partir du 3 juin pour s'inscrire dans le mouvement interprofessionnel, et "sans doute de reconduire le mouvement si on n'obtient rien du gouvernement sur le plan Fillon", a déclaré un responsable syndical à l'AFP. Outre la paralysie d'une partie de l'activité aérienne à Marseille, la capitale phocéenne a dû aussi faire face à la forte mobilisation des salariés de la RTM, la régie des transports marseillais. Mercredi matin, seuls 25 bus sur 400 circulaient.Au niveau national, des mouvements de grève ont été observés à France Télécom, à l'ANPE et à la Poste mais c'est à l'Education nationale, donc, qu'une fois de plus la mobilisation a été la plus conséquente. En fin de matinée, le ministère estimait que le taux des grévistes dans l'enseignement allait de 23,18% chez les non-enseignants à 46,07% dans les écoles primaires. De son côté, le syndicat FSU des écoles, le SNUipp, a donné 62% de grévistes en moyenne dans le primaire.

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