Débuts houleux du débat sur les retraites devant les députés

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Jean-Pierre Raffarin a lancé mardi après-midi le débat parlementaire sur la réforme des retraites, débat qui devrait durer une quinzaine de jours. Le Premier ministre, sur un ton parfois très dramatique, a défendu le projet du gouvernement, le qualifiant de "juste, équitable et nécessaire". Dans son intervention, souvent interrompue par des cris venant de l'hémicycle et saluée par un affrontement entre Marseillaise et Internationale, le Premier ministre a rappelé l'objectif poursuivi par les pouvoirs publics, à savoir "sauvegarder la retraite par répartition", menacée par le "changement démographique". Il en a appelé à "la responsabilité de tous" pour franchir "ensemble un pas décisif" dans ce sens. Le locataire de Matignon, soulignant le caractère "novateur et courageux" de la réforme entreprise, a rappelé les enjeux financiers de ce texte. Dès 2010, les déficits vont se creuser, a-t-il martelé, répétant qu'à l'échéance 2020, les besoins du système de retraite par répartition sont estimés à 43 milliards d'euros. Une fois le cadre de la réforme posé, Jean-Pierre Raffarin a une fois de plus mis l'accent sur l'exigence d'équité qui a prévalu dans son élaboration. Le Premier ministre a insisté sur la "convergence public/privé" à l'horizon 2008. A cette date, la durée de cotisation sera de 40 annuités pour tous. Par ailleurs, le Premier ministre a mis l'accent sur les bénéficiaires de cette réforme, "les petites retraites" qui "vont être améliorées et pour la première fois ceux qui ont commencé à travailler à 14, 15 ou 16 ans, qui auront la possibilité de prendre leur retraite avant 60 ans".L'intervention du Premier ministre n'a évidemment pas fait l'impasse sur la mobilisation des opposants à la réforme. Soulignant que si "toutes les opinions sont respectables, tous les comportements ne sont pas acceptables", le Premier ministre a aussi estimé que ce texte "est le fruit du dialogue social". L'occasion pour lui de rappeler que cette réforme "n'est pas le projet initial du gouvernement" mais "un texte qui a fait l'objet d'une rédaction négociée avec les partenaires sociaux, recueillant ainsi l'accord d'une majorité des organisations représentatives". Exprimant ainsi son refus de la "coupable stratégie de l'autruche", le chef du gouvernement a estimé que "notre pacte social ne sera pas sauvé par l'immobilisme".A l'issue de l'intervention du Premier ministre, la commission exécutive de Force ouvrière a affirmé mardi que "seule la grève générale interprofessionnelle menée dans l'unité pourrait mener le gouvernement à la table des négociations" et qu'elle allait proposer ce mot d'ordre aux autres syndicats. Dans les rangs des salariés, le projet de réforme des retraites a jusqu'à aujourd'hui obtenu l'accord de la CFDT et de CGC.

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