La croissance française au point mort, selon la BdF

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La dernière livraison de l'enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France (BdF) porte un sévère coup aux prévisions de croissance du gouvernement. La BdF estime que la croissance française sera nulle au deuxième trimestre (estimation révisée en baisse de 0,2 point par rapport au mois dernier) et de +0,4% au troisième (première estimation) par rapport au deuxième. Ainsi, l'acquis de croissance atteindrait 0,7% à la fin du troisième trimestre, relève la Banque. Si ces estimations étaient avérées, la croissance moyenne en 2003 aurait donc beaucoup de mal à atteindre 1,3%, dernière prévision officielle du gouvernement. Ce matin sur France 2, le ministre du Budget a pourtant estimé "toujours possible" la réalisation de cet objectif. "Nous sommes en juin", a indiqué Alain Lambert, "cela signifie que nous n'avons que la moitié de l'année de courue, une année difficile, mais tout le monde s'accorde à penser que le second semestre devrait être meilleur que le premier". Au vu des chiffres fournis par la Banque de France, il faudrait une nette accélération de l'activité à la fin de l'année: une croissance de plus de 1% au quatrième trimestre par rapport au troisième permettrait tout juste d'assurer 1% sur l'ensemble de l'année. Dans ces conditions, le gouvernement pourrait être amené à abaisser sa prévision pour 2003.Et d'ores et déjà, les pouvoirs publics semblent baliser le terrain en ce sens. Dans le rapport établi en vue du débat d'orientation budgétaire (DOB) qui se tiendra jeudi à l'Assemblée nationale, le gouvernement évoque selon l'AFP un "risque baissier" dû à l'éventuelle "poursuite de l'appréciation de l'euro" sur sa prévision de 1,3% de croissance en 2003. Tout en considérant que "les conditions d'une reprise mondiale sont désormais réunies", ce document souligne que "les incertitudes internationales restent fortes" et que "les derniers indicateurs font apparaître une faiblesse persistante de la conjoncture européenne". "Avec l'appréciation récente de l'euro, de près de 30% face au dollar depuis le début 2002, les entreprises européennes se voient en outre confrontées à des niveaux de compétitivité externe moins favorables", selon le rapport. Les prévisions du gouvernement ont été bâties à partir de l'hypothèse d'un taux de change à 1,10 dollar pour un euro. En début d'après-midi lundi, la monnaie européenne flirtait avec 1,19 dollar.Les conséquences du ralentissement conjoncturel actuel sont immédiatement observables. D'après le rapport rédigé en vue du DOB, le déficit du budget de l'Etat pourrait se dégrader d'au moins 5,1 milliards d'euros cette année par rapport à la loi de finances initiale.

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