Un jour férié pourrait être sacrifié au profit des personnes âgées

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Doit-on supprimer un jour férié pour financer la solidarité envers les personnes âgées ? L'idée a été émise hier soir, à l'issue d'une réunion à Matignon, par Hubert Falco, le secrétaire d'Etat aux Personnes âgées. Interrogé sur les moyens de financer le programme d'aide au vieillissement, le ministre a indiqué qu'une des pistes était, comme en Allemagne, "de faire travailler un jour chômé au profit de la solidarité nationale". Concrètement, il s'agirait de reverser les cotisations liées à ce jour férié au profit d'un fonds de financement de la dépendance. Hubert Falco a bien précisé qu'il s'agissait d'une "proposition comme une autre", mais Jean-Pierre Raffarin a précisé dans l'après-midi que l'idée était "explorée". Une façon pour le gouvernement de tester l'opinion sur la question. A peine lancée, l'idée à fait l'objet de nombreuses réactions, évidemment très tranchées. Le premier à se féliciter de cette proposition a été le président du Medef Ernest-Antoine Seillière. Sur Europe 1, le "patron des patrons" a jugé l'idée "formidable". Il a ajouté que "le fait de se dire qu'on va régler des problèmes en travaillant plus est une grande première en France, du moins depuis cinq ou six ans". Et d'ajouter: "l'illusion qu'on peut avoir une solidarité plus forte, faire fonctionner le système français avec l'oeil sur les loisirs est une époque révolue".Sur un plan plus politique, le député UMP et président de la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, Jean-Michel Dubernard, a indiqué sur RMC Info qu'il considérait que supprimer un jour férié est "une bonne idée". Selon le député, la "France est le pays qui a le plus grand nombre de jours fériés et où l'on travaille le moins en termes de temps de travail dans l'année". "Peut-être pourrions-nous faire un effort de solidarité", a-t-il conclu. Du côté de l'opposition, le Parti communiste s'est insurgé, précisant qu'il "n'était pas question de toucher aux jours fériés". Le président du groupe communiste à l'Assemblée, Alain Bocquet, a réclamé en revanche "une vraie politique de solidarité intergénérationnelle, avec d'autres mesures sérieuses". Marc Blondel, lui, n'a pas hésité à accuser le gouvernement de tenter de "ramasser maintenant les morceaux" et de "gérer le temps". Egalement interrogé sur RMC Info, le secrétaire général de Force Ouvrière a ironisé sur la proposition d'Hubert Falco. "Cela me rappelle un peu la journée de la moisson dans l'Union soviétique et les pays satellites", a-t-il ainsi estimé. Marc Blondel a par ailleurs demandé qu'on donne les moyens aux personnes âgées de subvenir à leurs besoins. Et pour cela, il a réclamé qu'on ne touche ni à leur retraite, ni à l'allocation personnalisée d'autonomie.Enfin, un sondage publié dans le mensuel Notre Temps montre qu'une large majorité de Français serait favorable à cette mesure. Selon cette consultation, réalisée en juillet dernier par TNS-Sofres et à paraître le 18 septembre, 81% des personnes interrogées sont prêtes à sacrifier un jour férié ou une RTT pour financer la prise en charge des personnes âgées. 15% se disent opposés à cette mesure. Reste à savoir quel jour férié pourrait être supprimé. De nombreux observateurs ont avancé la date du 8 mai, devenue fériée au début des années 1980 et qui a souvent été contestée. Mais cette date ne semble pas être du goût de tous. Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, a demandé la prudence. "Il faut faire attention avant de décider, car il y a des dates de mémoires auxquelles on est attaché", a-t-il prévenu. Au point que la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées, Marie-Thérèse Boisseau, a suggéré la suppression du lundi de Pentecôte.

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