Raffarin dresse la liste de ses priorités d'ici à 2006

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Malmené dans l'opinion pour sa mauvaise gestion des conséquences de la canicule, le gouvernement repasse à l'offensive. Mardi matin, devant les parlementaires de l'UMP réunis à Nancy, Jean-Pierre Raffarin a dressé à grands traits le programme de travail de son équipe jusqu'en 2006, avec en ligne de mire les scrutins législatif et présidentiel. Cet agenda 2006 doit dans l'esprit du Premier ministre "libérer la France des insécurités physiques, économiques et sociales". Au-delà des "difficultés" du présent, Jean-Pierre Raffarin s'est montré confiant: "je suis convaincu que nous récolterons prochainement les fruits de notre travail. Si je veux réussir 2006, c'est pour que vous puissiez gagner 2007".Le Premier ministre a ainsi détaillé plusieurs pistes de travail (lire article ci-contre), dont quatre ont déjà été engagées. Il a notamment promis "une grande loi" sur l'emploi avant Noël, une réforme du système de santé en 2004, plus de moyens pour la sécurité et un retour des déficits publics sous le seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB) et ce dès 2005. Le tout sans mettre un terme aux baisses d'impôts, qualifiées de "priorité économique majeure". Même avec une amélioration de la conjoncture, l'effort sera rude puisqu'un peu plus tôt ce matin, le ministre de l'Economie et des Finances, Francis Mer, indiquait sur Europe 1 qu'il espérait que le déficit public serait "un peu plus bas que 3,7%" du produit intérieur brut l'an prochain. En ramenant le déficit public sous la barre des 3%, le gouvernement permettrait à la France de rentrer à nouveau dans les clous du Pacte de stabilité. Pour y parvenir, il faudra "chercher les économies partout", a admis le chef du gouvernement. A cet effet, la volonté affirmée par le Premier ministre de continuer les privatisations et les ouvertures de capital des entreprises publiques devrait contribuer à regarnir les caisses de l'Etat.Pour améliorer les finances publiques, Jean-Pierre Raffarin incite son gouvernement à se pencher sur un autre dossier explosif: celui de la santé. Le Premier ministre veut voir arrêtées "à la fin du printemps 2004" les mesures "capables de rééquilibrer" les comptes sociaux pour les faire adopter à "l'automne" par le Parlement. Selon les prévisions de la Commission des comptes de la Sécurité sociale (lire ci-contre), le déficit du régime général de la Sécu pourrait atteindre 13,6 milliards d'euros en 2004 si aucune mesure correctrice n'est mise en place. "Je souhaite que, comme nous l'avons fait sur les retraites, à la fin du printemps 2004 nous soyons en mesure de prendre les décisions pour le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2005 capables de ramener l'équilibre dans nos comptes sociaux", a insisté Jean-Pierre Raffarin. "Il est très important que nous prenions le temps d'ici le printemps 2004 pour débattre, écouter, entendre toutes les propositions des uns et des autres", a-t-il ajouté, tentant par avance d'apaiser les craintes des Français. Autre chantier que le Premier ministre voudrait ouvrir: celui d'une modernisation de l'ANPE. Dans un contexte de dégradation du marché de l'emploi - selon certains économistes, le taux de chômage pourrait revenir à 10% à la fin de cette année -, Jean-Pierre Raffarin prône une réforme de l'Agence nationale pour l'emploi. Il faut "réformer le service public de l'emploi, travailler sur le monopole de l'ANPE", a-t-il ainsi déclaré, estimant que l'on "peut ouvrir les systèmes et faire en sorte qu'avec le ministère du Travail, avec l'ANPE, avec l'APFA, avec les collectivités territoriales, avec les Assedic (...) avec l'ensemble des partenaires, on ait un service public de l'emploi efficace".La volonté de faire des économies ne s'applique pas de la même façon partout. Ainsi, le ministère de l'Intérieur, classé prioritaire au même titre que celui de la Défense par le gouvernement, va enregistrer en 2004 l'arrivée de 2.000 policiers supplémentaires. Des recrutements qui viendront s'ajouter aux 3.000 postes créés cette année. Dimanche sur M6, Jean-Pierre Raffarin avait confirmé son objectif de faire "reculer de 20% la délinquance en 2006 par rapport à l'année 2002". "Nos prédécesseurs ont fait progresser la délinquance de 10% en cinq ans, nous la ferons baisser de 20% en cinq ans", a-t-il dit.

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