Radicalisation syndicale après l'adoption du projet Fillon sur les retraites en conseil des ministres

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Malgré la mobilisation continue des syndicats opposés à la réforme des retraites, le gouvernement a approuvé mercredi lors du conseil des ministres le projet de loi défendu par le ministre des affaires sociales, François Fillon. Ce texte reçoit le soutien appuyé du président de la République. Rapportant les propos de Jacques Chirac, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé a indiqué que le chef de l'Etat considérait cette réforme comme "urgente", car "la retraite par répartition est menacée". "Sans la réforme, à brève échéance, les pensions ne seraient plus financées en raison de la forte augmentation du nombre des retraités", a ajouté Jacques Chirac pour qui "il était de la responsabilité du gouvernement d'agir, et d'agir sans retard, pour éviter de devoir prendre un jour des mesures brutales. C'est une réforme juste", a t-il conclu.Le Premier ministre devait s'exprimer mercredi soir sur TF1 afin de convaincre les Français de la nécessité de la réforme. Jean-Pierre Raffarin était également attendu sur la question de la décentralisation qui cristalise également le mécontentement des personnels de l'Education nationale. Dans l'après-midi de mercredi, le locataire de Matignon avait donné le ton devant les députés en indiquant qu'il avait "tendu la main aux forces sociales" en proposant aux syndicats de l'Education nationale de se mettre "autour de la table de négociations". Jean-Pierre Raffarin, a notamment évoqué la constitution de groupes de travail sur la décentralisation, la gestion des carrières et la préparation d'une future loi d'orientation sur l'école. Le Premier ministre a aussi durci le propos en assurant notamment que "le gouvernement ne tolérera aucun débordement" et que, si "la République reconnaît le droit de grève, elle peut affirmer aussi le droit à passer le bac". Jean-Raffarin sait qu'il pointe là un sujet sensible dans l'opinion publique. Un sondage CSA à paraître vendredi dans Valeurs actuelles indique que les Français se déclarent massivement (88%) opposés à une perturbation des examens. "Les parents ne supporteraient pas que leurs enfants soient pris en otages", a averti de son côté François Fillon, qui a également pris les Français à témoin quant à un éventuel blocage du pays par les grèves. Ces joutes verbales interviennent alors que des préavis de grève, ont été ou vont être déposés à l'initiative notamment de FO et de la CGT à la SNCF, à la RATP, à Air France, à la direction générale de l'aviation civile (DGAC) mais aussi dans le secteur de la chimie, de la marine marchande ou dans les Ports et docks pour le mardi 3 juin, augurant de nouvelles heures noires pour les usagers (lire ci-contre). Dans certains cas, il s'agit même de mouvements reconductibles. A la DGAC, le préavis devrait porter sur les journées du mardi, du mercredi et du jeudi. A côté du secteur des transports, les personnels de l'Education nationale forment le gros des troupes du front des refus. L'intersyndicale de l'enseignement (FAEN, FSU, CGT, CFDT, UNSA Education) et FO ont appelé à "faire du 3 juin une nouvelle journée de grèves et de manifestations pour obtenir au plus vite les réponses indispensables aux revendications". Outre la "priorité à l'éducation", les enseignants demandent le "retrait" de quatre projets lancés par le gouvernement sur les transferts de personnels au collectivités locales, la suppression des surveillants, la non-reconduction des aide-éducateurs, et le projet de réforme des retraites. Concernant ce dernier sujet, la balle est maintenant dans le camp des parlementaires. Le 3 juin, François Fillon et son homologue de la fonction publique, Jean-Paul Delevoye, seront auditionnés par la commission des affaires sociales de l'assemblée nationale. Et le débat public avec les députés débutera le 10 juin. Le texte, soutenu par la CFDT et la CFE-CGC, repose essentiellement sur l'allongement de la durée de cotisation, d'abord pour les fonctionnaires qui passeront de 37,5 à 40 annuités d'ici 2008, puis pour tous les salariés, qui cotiseront 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020. La réforme permettra de dégager 17,3 milliards d'euros d'économies, soit 40 % du déficit prévu à l'horizon 2020, selon les calculs présentés par le gouvernement, qui table, pour boucler son financement, sur une baisse du chômage à 5 % de la population active en 2020 (9,3 % actuellement).

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