Coup d'envoi de la rémunération au mérite pour les hauts fonctionnaires

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C'est une petite révolution. Dans le cadre de la réforme de l'Etat, le gouvernement s'attaque à un tabou, celui de la rémunération des fonctionnaires. Conscients des difficultés, les pouvoirs publics se limitent pour l'instant aux cas des plus hauts responsables de l'Etat. L'objectif avoué de cette réforme est de mieux ouvrir la haute fonction publique "aux meilleures compétences professionnelles" et de faire qu'elle donne "l'exemple d'un management fondé sur la définition d'objectifs et l'évaluation des résultats". Dans cette optique, le gouvernement propose que "les titulaires des emplois à la décision du Gouvernement" recevront, à leur nomination, une "lettre d'objectifs, indiquant les résultats sur lesquels ils seront évalués". Ceci posé, "la rémunération au mérite sera mise en oeuvre. La prise en compte des résultats conditionnera 15 à 20% de la rémunération totale des titulaires de ces emplois". Seront d'abord concernés, dès janvier 2004, les titulaires des emplois de direction des ministères volontaires, la réforme devrait ensuite s'étendre dans une deuxième phase aux autres emplois de l'encadrement supérieur.A l'issue du conseil des ministres, Jean-Paul Delevoye, ministre de la Fonction publique, a résumé la philosophie de ce projet en indiquant vouloir "avec les fonctionnaires, qui ont une potentialité d'imagination, de proposition pour améliorer la qualité du service, faire en sorte qu'ils puissent avoir le juste retour de leurs efforts". Cette ambition pourrait néanmoins se heurter à l'opposition des syndicats. La semaine dernière, la CFDT des finances a fait part de son opposition à la mise en oeuvre de la rémunération au mérite pour les fonctionnaires de Bercy. "Nous sommes contre le salaire au mérite car il correspond à un mode de gestion du privé où les notions de responsabilité et de productivité ont une toute autre acceptation", estimait ce syndicat.Outre la question de la rémunération, cette réforme de la gestion de l'encadrement supérieur entend aussi développer la mobilité des fonctionnaires entre administrations, ouvrir la fonction publique à des compétences du privé pour des missions ponctuelles, et inversement faciliter les stages de fonctionnaires en entreprises ou leur détachement auprès d'associations ou administration à vocation européenne.

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