Inquiétudes sur la capacité de l'Opep à fournir du pétrole en cas de guerre

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Dans un climat de plus en plus lourd, et alors que la guerre en Irak pourrait bien ne plus être qu'une question de jours, les déclarations effectuées lundi matin à Vienne par différentes responsables de l'Opep ne sont pas pour rassurer. Selon le ministre du Pétrole des Emirats, l'organisation des pays producteurs ne pourra en effet que "très difficilement" suppléer à la production de l'Irak et du Koweit si la guerre se déclenche. C'est demain mardi que les ministres de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) tiennent une réunion officielle à Vienne pour discuter des conséquences possibles d'une guerre en Irak. Une perspective qui se rapproche de jour en jour: le projet de résolution américano-britannique qui doit être discuté par le Conseil de sécurité de l'ONU vraisemblablement demain prévoit de fixer un ultimatum au 17 mars. Cette date dépassée, la guerre pourrait commencer d'un jour à l'autre, que la résolution soit votée ou non par les Nations Unies.Sans attendre le début de la réunion, les ministres de l'Opep déjà arrivés à Vienne ont commencé à exprimer leurs vues. Obeid Ben Saif al-Nassiri, ministre des Emirats, s'est donc déclaré sceptique quant à la capacité de l'Organisation de pallier la chute de production de pétrole qui interviendrait nécessairement dans les pays en ligne directe dans le conflit, l'Irak et le Koweit. Raison de l'attitude du ministre: l'Opep, a-t-il affirmé, pompe déjà actuellement "presque" à pleine capacité. Dès lors, les gestes de bonne volonté que doit envisager l'Organisation risquent de demeurer assez théoriques. Le but de la réunion est en effet d'affirmer la volonté du cartel de combler les perturbations de l'approvisionnement pétrolier sur le marché mondial. L'Opep pourrait ainsi présenter un "plan d'urgence" prévoyant de mettre sur le marché 4 millions de barils par jour supplémentaires en cas de conflit. Certains ministres, comme l'Algérien ou le Vénézuélien, affirment que le cartel dispose d'une telle marge de manoeuvre. Pour le Vénézuélien Rafael Ramirez, l'Opep peut même aligner "une capacité (supplémentaire) disponible pour stabiliser le marché, quelle que soit la situation". Le Venezuela, notamment, serait en train de revenir à une production normale, après les graves perturbations provoquées par des mois de grève générale.Mais les spécialistes du secteur ne partagent pas cet optimisme. Ainsi, estime Frédéric Lasserre, chez SG Equity Research, "tous les pays membres, ou presque, produisent au maximum de leurs capacités". Et si, selon Leo Drollas, du "Center for global energy studies" (CGES) de Londres, les ministres pourraient annoncer mardi un relèvement ou une suspension de leurs plafonds de production officiels en cas de guerre, cela "ne signifierait pas grand-chose, car les pays membres produisent déjà au-delà de leurs quotas". En fait, précise Raad Alkaridi, directeur de l'Institut spécialisé PFC Energy à Washington, "à l'heure actuelle, seuls l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis peuvent produire au-dessus de leur niveau actuel. Ryad pourrait offrir au maximum 1,5 mb/j (supplémentaires), et non 2,5 mbj comme le disent ses dirigeants, et les Emirats environ 500.000 b/j". Dans un contexte aussi incertain, les cours du brut sont donc toujours sous tension. Le Brent a ouvert en hausse de plus de 30 cents lundi matin à Londres, à 34,45 dollars, après avoir clôturé vendredi à 34,10 dollars. Dans l'après-midi, toutefois, le cours du baril s'est un peu détendu, revenant autour de l'équilibre.

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