Du bon usage du Pacte de stabilité

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La France a semble-t-il flirté dès l'an dernier avec un déficit de 3% du PIB, et ce plafond fixé par les traités européens sera vraisemblablement atteint, voire dépassé, cette année. L'Allemagne l'a allègrement franchi en 2002 (près de 3,8%), et menace de récidiver en 2003. Dès lors, la question est posée : Paris et Berlin sont-ils en train de s'affranchir des engagements pris dans le cadre du Pacte de stabilité ou, au contraire, de les appliquer intelligemment ?Gardienne des traités, la Commission Européenne soupçonne la première de ces propositions d'être présente dans l'esprit des gouvernants. C'est pourquoi elle n'hésite pas à faire la leçon, si nécessaire en termes vigoureux, comme elle s'y est livrée la semaine passée.La situation budgétaire de l'Allemagne, ont estimé les experts de Bruxelles, "n'est pas consécutive à un événement indépendant de sa volonté, ni à une forte récession économique". Le gouvernement allemand "a jusqu'au 21 mai 2003 pour prendre les mesures propres à corriger ce déficit", ont ils ajouté.L'Allemagne en est déjà au deuxième stade d'une procédure pour "déficit excessif", tandis que la France, moins mauvaise élève, va écoper d'un "avertissement précoce". L'équipe de Jean-Pierre Raffarin est appelée à une "plus grande ambition budgétaire", alors que le vieillissement de la population hexagonale rend "d'autant plus important pour la France d'équilibrer son budget le plus rapidement possible".On attend avec intérêt le jugement officiel que porteront les ministres des Finances sur ces recommandations, qui leur seront soumises à l'occasion de l' "Ecofin" - conseil des dits ministres - du 21 janvier. Il est probable qu'ils reprendront à leur compte les conclusions de la Commission avant de s'en affranchir autant que de besoin dans les mois qui viennent.Depuis son arrivée à Bercy, Francis Mer ne dit, au fond, pas autre chose. Il "espère" que les 3% sont tenables. Mais limiter autant que possible l'impact de la maîtrise des dépenses publiques sur la croissance - et donc l'emploi - demeure sa priorité. A Berlin, on a certes augmenté les impôts l'an dernier, mais on entend bien en rester là. Là aussi, la croissance - ou ce qu'il en reste - est désormais la priorité. On appelle, explicitement et publiquement, comme l'a fait hier un porte-parole du ministère des Finances à "adapter en conséquence les critères de stabilité".Adapter la stabilité n'est pas l'abandonner. C'est, en l'occurrence, la voie de la sagesse.

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