Forte dégradation des comptes publics en 2002

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C'est - sans surprise - une situation très dégradée des finances publiques que dessine l'Insee ce matin, avec la publication des premiers résultats annuels des comptes nationaux des administrations publiques. Déficit public passé en un an de 1,4% du PIB à 3,0%, dette publique bondissant de 56,8 à 59,1%, plongée dans le rouge de la Sécurité sociale: tous ces chiffres témoignent de l'impact de la crise économique sur la situation financière du pays et annoncent de sérieuses difficultés pour le gouvernement.Dans cette première évaluation des comptes des administrations (qui sera affinée ultérieurement), l'Institut national de la statistique et des études économiques confirme le chiffre de 3,0% pour le déficit public global de 2002. Ce chiffre, conforme aux estimations avancées récemment par le gouvernement, conforte la thèse de celui-ci, selon laquelle la France n'a pas dépassé l'année dernière la barre des 3% prévue dans le Pacte de stabilité de la zone euro. Mais cette évaluation risque d'être remise en cause, confirme l'Insee, qui souligne que les réflexions méthodologiques actuellement menées dans le cadre d'Eurostat, l'agence européenne de statistiques, pourraient susciter la réintégration dans le déficit de la dotation en capital accordée à Réseau Ferré de France. Ce qui augmenterait le déficit 2002 de 0,09 point, l'amenant alors à 3,1%, soit clairement au dessus de la barre des 3%. Il est vrai que la question est devenue assez théorique maintenant qu'il est acquis que le déficit de la France en 2003 sera, lui, sensiblement plus élevé. Le ministre des Finances, Francis Mer, a fait état d'une prévision de 3,4% pour l'année en cours.Pourquoi un tel accroissement du déficit en 2002? C'est la conséquence, souligne l'Insee, "d'une accélération des dépenses publiques (+4,5% après +3,7% en 2001) et d'un moindre dynamisme des recettes (+1,3% après +3,5% en 2001). La part des dépenses publiques dans le PIB augmente, notamment en raison d'une forte progression des dépenses sociales, et s'établit à 53,4% du PIB" (contre 52,5% un an plus tôt).L'évolution n'est pas plus favorable en ce qui concerne l'endettement. Selon l'Insee, la dette publique, qui s'était établie à 56,8% du PIB en 2001, s'est nettement alourdie l'année dernière, pour passer à 59,1%. Elle ne se trouve donc plus qu'à une très faible distance de la barre des 60% prévue elle aussi dans le cadre de la zone euro.Seule évolution positive: la légère décrue du taux des prélèvements obligatoires, passés à 44,0 % du PIB contre 44,7% en 2001. Les données les plus nouvelles concernent les organismes de Sécurité sociale, dont les comptes reviennent brutalement dans le rouge. Ces organismes (caisses de sécurité sociale, hôpitaux publics, Unedic, régimes complémentaires de retraite) ont vu leur situation se dégrader massivement, de 8,7 milliards d'euros en un an. Du coup, après trois années d'excédents (3,7 milliards en 1999, 7,2 milliards en 2000 et 4 milliards en 2001), ils terminent 2002 sur un déficit de 4,7 milliards. L'Insee souligne que la hausse des rémunérations (+5,2% en 2002 contre +3,9% en 2001) a pesé sur les dépenses publiques, et qu'elle a été particulièrement forte "dans les collectivités locales et les hôpitaux". La situation financière des organismes de Sécurité sociale a aussi été affectée par "la forte progression des dépenses d'assurance maladie et des indemnités de chômage". Les remboursements de Sécurité sociale se sont en effet accrus de 7,9% l'année dernière. Pour le gouvernement, ces chiffres confirment le casse-tête auquel il se trouve confronté. La situation des finances publiques est fortement dégradée, du fait des effets de la crise économique qui pousse les dépenses sociales à la hausse tout en pesant sur les recettes. Désireux à la fois de revenir dans les clous du pacte de stabilité sans pour autant étouffer un peu plus l'activité avec des hausses d'impôts, le gouvernement voit sa marge de manoeuvre se réduire chaque jour davantage.

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