Grève massive de la fonction publique le 13 mai

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C'est par un mouvement social de très grande ampleur que les syndicats de fonctionnaires veulent répondre aux projets du gouvernement en ce qui concerne la réforme des retraites. Alors que le ministre des Affaires sociales, François Fillon, doit préciser ce soir, sur France 2, le contenu de son plan d'action, les sept fédérations de fonctionnaires ont en effet lancé un mot d'ordre de grève pour le mardi 13 mai.Six de ces centrales syndicales - CGT, FO, UNSA, FSU, CFTC et CFE-CGC - ont signé un appel commun appelant à cette grève. Et si la CFDT n'a pas paraphé le texte, défendant une analyse différente de la question, elle n'en appelle pas moins elle aussi les fonctionnaires à faire grève le même jour.Ce mouvement de la fonction publique s'inscrira dans le cadre d'un appel plus général à l'action lancé par les syndicats à l'ensemble de leurs adhérents, du public comme du privé. Réunis mercredi soir, six centrales syndicales (les sept précédentes moins la CGC) ont en effet appelé "à une journée d'action, de manifestations et de grèves" pour le 13 mai, destinée à "modifier" les choix du gouvernement en matière de retraite.Les leaders syndicaux essayent donc de mobiliser le plus largement possible, y compris dans les rangs du privé. Selon Bernard Lhubert, secrétaire général des fonctionnaires CGT, l'appel à la grève s'inscrit ainsi "résolument dans une solidarité public-privé". Mais il est clair que, comme d'habitude, la fonction publique sera à la pointe du mouvement. Le secrétaire général de la fédération des fonctionnaires de FO, Roland Gaillard, estime par exemple qu'il faut "refuser que la fonction publique soit la variable d'ajustement, quel que soit le sujet abordé: retraites, salaires, effectifs". D'ores et déjà, la CGT, première organisation syndicale à la RATP, a annoncé vouloir mener le 13 mai une grève "plus importante que celle du 3 avril dernier" dans le métro et le RER parisiens. La mobilisation des fonctionnaires et des salariés des entreprises publiques ne pourra qu'être renforcée par les dernières fuites sur les projets gouvernementaux en matière d'effectifs de la fonction publique. Selon des informations publiées ce jeudi par Les Echos et Le Monde, le projet de lettre de cadrage budgétaire élaboré actuellement par Matignon pour 2004 prévoirait de ne remplacer l'année prochaine qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Poussée par Bercy, mais non encore approuvée par Matignon, une telle décision constituerait un revirement spectaculaire dans la politique sociale de l'Etat. Bon an mal an, les effectifs des fonctionnaires n'ont cessé d'augmenter d'une année sur l'autre depuis la deuxième guerre mondiale... Si une telle mesure était décidée, ce serait environ 30.000 postes qui pourraient disparaître dès l'année prochaine.Alors que le déficit public de la France est en plein dérapage et dépasse largement les limites fixées par le Pacte de stabilité - dans ses prévisions publiées ce matin, l'OCDE prévoit ainsi un trou de 3,6% du PIB au lieu des 3% maximum autorisés (voir ci-contre) - s'attaquer aux effectifs de la fonction publique est tentant: ces derniers représentent le plus gros poste de dépenses de l'Etat et les réduire est vraisemblablement la seule solution pour maîtriser durablement la dérive budgétaire.Reste qu'une telle évolution risque d'être extraordinairement difficile à faire accepter. Chez les fonctionnaires, les esprits ne sont nullement préparés à accepter une chute rapide des effectifs. Dans ces conditions, on peut supposer que leur mobilisation, si une telle orientation se confirmait, dépasserait encore celle qui s'annonce contre la réforme des retraites.

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