Gouvernement et syndicats s'arc-boutent sur leurs positions

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Radicalisation, blocage, pourrissement... La délicate réforme des retraites engagée par le gouvernement, et dont le projet de loi doit être examiné en Conseil des ministres mercredi 28 mai, entre dans une phase décisive. Vendredi, lors d'une conférence de presse, François Fillon a réaffirmé la détermination du gouvernement à mener à bien son projet. "Nous irons jusqu'au bout de cette réforme", a-t-il déclaré, faisant valoir qu'on "ne peut pas rouvrir en permanence la discussion avec les partenaires sociaux". Et de marteler: "la première étape du dialogue social a duré trois mois et a abouti au soutien pour ce texte de cinq organisations sur huit. Nous sortons maintenant de cette période". Pour le ministre, la balle est désormais dans le camp des parlementaires.Ces déclarations risquent d'exacerber la colère des opposants à cette réforme. A l'appel de plusieurs syndicats, dont la CGT, FO et la FSU (enseignants), ils défileront à Paris mais aussi en province dimanche prochain pour obtenir la réouverture des discussions. Des centaines de milliers de manifestants sont attendus, et François Fillon a d'ailleurs reconnu que la participation sera "importante, naturellement" mais pour lui ce n'est pas une raison pour reprendre les discussions. Le ministre juge que c'est "pour l'essentiel le secteur public qui est mobilisé" pour le maintien des 37,5 ans de cotisation et "on ne peut pas imaginer fonder durablement le pacte social" sur une telle différence de durée de cotisation entre le public et le privé. Et même si François Fillon entrouvre une porte en direction des enseignants en évoquant la tenue mardi d'un "comité interministériel au cours duquel le Premier ministre proposera un certain nombre de pistes pour répondre aux attentes qui sont celles des enseignants", il répète qu' "on ne peut pas exonérer une partie de la population de cet effort, lié à l'allongement de la durée de cotisation, qui est demandé à tous les Français".Ces propos n'ont visiblement pas désamorcé la grogne des syndicats: la CGT, FO, la FSU et l'Unsa ont demandé vendredi au gouvernement de "surseoir à l'inscription" du projet de réforme des retraites à l'ordre du jour du conseil des ministres, et ont appelé les salariés à "assurer la réussite des actions et grèves" la semaine prochaine "en particulier le 27". Les quatre organisations réclament "instamment au gouvernement d'engager de véritables négociations". Elles font savoir que "dans l'hypothèse où cette demande ne serait pas entendue, les organisations syndicales conviennent de se retrouver de nouveau le 28 mai pour examiner les modalités d'une amplification du mouvement". Ce dialogue de sourds pourrait avoir de lourdes conséquences pour les usagers des transports publics. Dès mardi, 80% des vols au départ et à l'arrivée des aéroports français seront annulés à cause d'un mouvement de grève de l'ensemble des personnels de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) à l'appel de la CGT. La liste des vols maintenus sera disponible à partir de dimanche matin sur le site Internet de la DGAC: www.aviation-civile.gouv.fr. A la SNCF et à la RATP, des préavis de grève reconductible ont été lancés à partir du 2 juin.

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