Les tensions sur le marché pétrolier vont perdurer

Les prix du pétrole n'ont pas de raison de se détendre, à en croire le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Premier élément: l'AIE revoit en hausse ses prévisions de croissance de la demande de brut pour cette année et l'année prochaine. Pour 2003, la projection de l'agence augmente de 160.000 barils par jour à 1,44 million de barils par jour (mbj) et pour 2004 la révision porte sur 90.000 barils par jour à 1,16 mbj. La demande totale de brut devrait donc avoisiner les 78,4 mbj en 2003 et les 79,6 mbj en 2004.Si l'AIE est contrainte, pour la troisième fois en quatre mois, de réviser en hausse ses estimations de la demande c'est d'une part en raison de la reprise économique mondiale plus vigoureuse qu'anticipé, et d'autre part du fait de l'exceptionnelle demande provenant de la Chine. Le retour de la croissance dans les économies occidentales - et notamment aux Etats-Unis où la hausse du PIB a été de 8,2% en rythme annuel au troisième trimestre - se traduit sur les niveaux des stocks commerciaux de pétrole dans les pays de l'OCDE. A fin octobre, ces stocks étaient de 2,549 milliards de barils, ce qui représente 51 jours de consommation. L'AIE souligne que les stocks évoluent actuellement à un niveau "inférieur de 89 millions à leur moyenne sur cinq ans". En ce qui concerne la Chine, l'AIE a relevé de 130.000 bj sa prévision de croissance de la demande de brut au quatrième trimestre pour prendre en compte le fait que de plus en plus la Chine substitue le pétrole à d'autres sources d'énergie comme le charbon. La dynamique de l'économie chinoise est telle que les infrastructures de production d'électricité peinent à suivre. Reprise économique mondiale, surchauffe chinoise, hiver rigoureux aux Etats-Unis... Mis bout à bout, tous ces éléments laissent penser que les cours du pétrole ne devraient pas baisser à court terme et justifient les appels lancés par l'AIE afin que l'Opep décide d'accroître sa production afin de permettre une reconstitution des stocks et d'apaiser les tensions sur les prix du baril. Ces messages n'ont pour l'instant pas été entendus par le cartel des pays producteurs et exportateurs de pétrole. Lors de sa dernière réunion, l'Opep a décidé de maintenir son plafond de production à 24,5 millions de barils par jour et l'organisation a prévu de tenir une nouvelle réunion en février prochain. A cette occasion, l'Opep pourrait à nouveau décider de réduire sa production dans le but d'éviter une chute saisonnière des prix au printemps.Pour l'instant, on est loin de ce scénario catastrophe. Sur l'International Petroleum Exchange de Londres, le baril de Brent de Mer du Nord cote mercredi en début de soirée 29,70 dollars, soit 7 cents de plus qu'hier en clôture.

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