Paris reste flou sur ses engagements supplémentaires pour réduire les déficits

Le sujet promet d'être récurrent durant les trois semaines qui viennent. Comment la France va-t-elle s'y prendre pour satisfaire ses partenaires européens irrités du dérapage flagrant de ses finances publiques ? Comme l'indiquait La Tribune ce matin (lire ci-contre), Paris a obtenu un délai - jusqu'au 25 novembre - pour présenter aux membres de l'Eurogroupe et à la Commission européenne les mesures supplémentaires qui lui permettront de réduire son déficit structurel au-delà de 0,7 point de pourcentage de PIB prévu dans le projet de budget pour 2004.Interrogé cet après-midi sur les pistes qu'il a évoquées pour convaincre ses partenaires de lui accorder ce sursis, Francis Mer n'a pas été très bavard. Pour le ministre de l'Economie, "il nous faut un peu de temps pour étudier un certain nombre de sujets. Si on juge utile d'informer le Parlement, on le fera", a-t-il ajouté. Mais le locataire de Bercy s'est également empressé de préciser qu'il fallait aussi trouver "la manière la plus efficace, la moins dangereuse de redresser nos finances publiques", sans mettre en péril la reprise économique qui se dessine. Autrement dit, la France n'ira pas jusqu'à satisfaire totalement les exigences de Bruxelles, à savoir une réduction d'un point de pourcentage du déficit structurel. Francis Mer se borne à répéter un engagement déjà formulé par Jean-Pierre Raffarin, à savoir que le déficit public français sera ramené sous les 3% du PIB en 2005. De son côté, Alain Lambert, ministre du Budget, a également limité les marges de manoeuvre du gouvernement. Devant l'Assemblée nationale, il a affirmé que l'effort supplémentaire de réduction du déficit public en 2004 "ne prendra pas la forme d'une modification du projet de loi de finances en cours de discussion, pas davantage du projet de loi de financement de la Sécurité sociale". Toutes ces déclarations ne sont pas de nature à apaiser les protestations de pays comme l'Autriche, la Finlande et les Pays-Bas qui étaient opposés à la décision de la majorité des ministres de l'Eurogroupe d'accorder un délai supplémentaire à la France avant de lui adresser une nouvelle recommandation concernant son déficit excessif. En 2003, le déficit public français devrait avoisiner les 4% et selon les hypothèses du gouvernement il devrait ressortir à 3,6% l'année prochaine. Le ministre autrichien des Finances a d'ailleurs estimé cet après-midi insuffisants les efforts de la France, regrettant notamment que Francis Mer ne s'engage pas à réduire les déficits structurels de 1%.

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