Un statu quo monétaire parti pour durer

La dernière réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne présidée par Wim Duisenberg n'aura pas réservé de surprise. La BCE a décidé de laisser inchangé son principal taux d'intérêt à 2%. Sacrifiant pour la dernière fois au rituel de la conférence de presse explicative, le président de l'institut monétaire a estimé que le niveau actuel du taux d'intérêt directeur de la Banque centrale européenne est "approprié" pour encore longtemps, signifiant ainsi que la BCE ne le modifierait pas à court terme. Pour justifier son attitude, Wim Duisenberg a indiqué d'une part que la BCE s'attendait à ce que l'inflation reste sage à moyen terme et que d'autre part, les premiers signes de reprise dans la zone euro étaient perceptibles. Le maintien des taux était anticipé par l'ensemble des 31 économistes interrogés dans le cadre du panel AFP/AFX. Ceux-ci n'auront pas davantage été surpris par les commentaires accompagnant la décision puisqu'ils étaient de moins en moins nombreux à croire en une nouvelle baisse. Ils vont à l'inverse décortiquer avec soin les propos de Wim Duisenberg concernant l'euro et sa parité avec le dollar. Le président de la BCE a affirmé ne pas être "surpris" par la récente remontée de l'euro, en faisant valoir que le taux de change actuel de la monnaie unique se situait "à son niveau moyen des 25 dernières années" et, en tout état de cause, peu ou prou à son niveau de lancement en janvier 1999. Jeudi après-midi, l'euro évoluait légèrement en-dessous de 1,17 dollar. La devise européenne avait grimpé dans la nuit de mercredi à jeudi jusqu'à 1,1767 dollar. Cette appréciation de la monnaie européenne a suivi l'appel des représentants des sept pays les plus industrialisés (G7) à "davantage de flexibilité dans les taux de change", lors de leur récent sommet de Dubaï. Wim Duisenberg a tenu à clarifier les choses. "Le fond des discussions du G7, auxquelles j'ai participé, et je tiens à souligner ce point, ne concernait pas la parité de change bilatérale euro/dollar". Il portait "davantage sur la nécessité de faire en sorte que l'ajustement des déséquilibres macro-économiques existants soit étendu plus largement dans le monde", a-t-il ajouté. Une manière de signifier que l'appel à la flexibilité des changes s'adressait essentiellement au yuan chinois et au yen japonais. La hausse de l'euro, si elle se poursuit, pourrait handicaper un peu plus une zone euro déjà aux prises avec une croissance atone. A l'exception de l'Espagne, les principales économies de la zone (Allemagne, France, Italie, Pays-Bas) devraient afficher des croissances inférieures à 0,5%. La hausse de l'euro affecterait bien évidemment les exportations, minant en cela l'un des piliers de la reprise annoncée.Quel que soit le scénario qui se réalisera, Wim Duisenberg ne sera plus en première ligne sur les questions de politique monétaire. Après plus de cinq ans à la tête de la BCE, il cédera sa place le 1er novembre au gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet, qui sera officiellement nommé à ce poste lors d'un conseil européen les 16 et 17 octobre.

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