L'euro aligne les records

La fièvre qui a saisi l'euro ces derniers jours ne retombe pas, bien au contraire. Comme un métronome, la monnaie européenne établit record sur record. Lundi, l'euro a franchi la barre de 1,22 dollar, montant jusqu'à un plus haut historique de 1,2239 dollar avant de se replier quelque peu. Vers 16h30, la monnaie unique s'échangeait 1,2214, soit une progression de plus de 16% depuis le début de l'année et de plus de 47% par rapport à son plus bas enregistré en octobre 2000.Les raisons de cette flambée ne changent pas: incertitudes sur la pérennité et la solidité de la reprise en cours aux Etats-Unis, préoccupations croissantes des investisseurs quant à l'ampleur des déficits américains et écart des taux d'intérêt entre la première économie mondiale et la zone euro. Fort de rendements deux fois supérieurs à ceux du dollar, l'euro suscite l'appétit des investisseurs. De ce point de vue, le mouvement devrait durer tant la Réserve fédérale américaine apparaît peu pressée de relever le loyer de l'argent aux Etats-Unis.Mieux encore, certains économistes estiment que la Fed entend patienter encore quelque temps avant de supprimer des commentaires qui accompagnent ses décisions de politique monétaire la mention selon laquelle sa politique restera accommodante pendant "une période considérable". Dans le même temps, la Banque centrale européenne laisse faire, appelant même de ses voeux un euro "fort et stable". Si pour la première partie ce souhait est comblé, il n'est pas de même pour la seconde partie. Ceci dit, à plus long terme, le dollar devrait reprendre des couleurs, prédisent certains spécialistes du marché des change. Pour Audrey Childe-Freeman, la balance commerciale des Etats-Unis va finir par montrer des signes d'amélioration, même si elle ne l'a pas encore fait. "Ces mouvements sont toujours très lents", note cette économiste de CIBC. "Mais à partir de l'année prochaine, quand l'économie américaine va se reprendre encore plus fortement qu'aujourd'hui, et quand l'économie de la zone euro va commencer à montrer des signes de faiblesse suite justement à cette appréciation de l'euro, la situation risque de devenir plus favorable au dollar", a-t-elle observé. Malgré tout, les semaines qui viennent promettent d'être encore agitées. Les analystes de Credit Suisse First Boston (CSFB) cités par l'AFP soulignent à l'appui de leurs propos que les banques centrales ont tendance en fin d'année à rééquilibrer leurs réserves en devises. La part en dollars des réserves en devises des banques centrales est passée de 67,5% en 2001 à 64,5% en 2002, au profit de l'euro, du franc suisse et de la livre sterling, précise la note de CSFB.

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