L'euro poursuit allégrement sa hausse

Les suppliques de Wim Duisenberg ne semblent pour l'instant pas avoir été entendues. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) avait émis lundi le souhait que l'ajustement "inévitable" du dollar se fasse graduellement et en douceur. Des propos du Néerlandais, les marchés n'auront retenu qu'une partie, à savoir le caractère inéluctable de la dégringolade du billet vert (lire également ci-contre).Cette chute se traduit mécaniquement par l'appréciation de l'euro. La monnaie européenne oscille aujourd'hui autour des 1,18 dollar, se rapprochant ainsi de son plus haut historique touché le 27 mai dernier (1,1933 dollar). Vers 18h, l'euro s'échangeait à 1,1807 dollar. Et la dépréciation du billet vert fait une autre victime, le yen. Le dollar est passé hier sous la barre des 110 yens et il y est toujours ce matin, revenant ainsi à un niveau qui était le sien en novembre 2000.Si les propos de Wim Duisenberg ont accentué l'envolée du dollar, on peut tout de même constater que le rallye haussier du billet vert ne date pas d'avant-hier. Les événements se sont précipités à partir du mois de septembre et des déclarations du G7 sur la nécessaire flexibilité des taux de change. Des propos interprétés comme une critique implicite des autorités monétaires asiatiques qui cherchent à déprécier leur monnaie en achetant du dollar et ce afin de doper leurs exportations.Sur les marchés, les analystes estiment que les Etats-Unis sont désormais prêts à tout pour obtenir un affaiblissement de leur devise contre les autres monnaies. Et les déclarations cet après-midi du porte-parole de la Maison Blanche affirmant que l'administration Bush reste favorable à une politique du dollar fort ne les ont pas fait changé d'opinion. Au contraire même, seraient tentés de souligner les moqueurs qui auront remarqué que ces propos ont été immédiatement suivis d'une rechute du billet vert sur les marchés.Pour la zone euro, dont les principales économies (Allemagne et France) peinent à s'extirper d'un contexte récessif, la chute du dollar est un mauvais coup. L'appréciation de l'euro - +12% depuis le début de l'année et +30% sur un an - pénalise les exportations et rogne la croissance. Selon certains économistes, une hausse de 10% de la devise européenne ampute la croissance moyenne des Douze pays qui l'utilisent de 1% sur trois ans, avec un demi-point en moins dès la première année.

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