Bénéfices en hausse, ventes en baisse pour EMI

Pour EMI, l'exercice 2002-2003 (clos fin mars) aura été surtout marqué par la réduction de ses coûts, pour compenser un marché de la musique en pleine érosion. La major indépendante a publié sur l'exercice un bénéfice avant impôts, amortissements et éléments exceptionnels de 177,3 millions de livres, en hausse de 15,7% sur un an. Malgré tout, le groupe n'a pas réussi à satisfaire les pronostics des analystes, qui s'établissaient en moyenne entre 180 et 185 millions de livres.Pourtant, face à la déprime du marché entamée en 1997, le numéro trois du secteur a pris de drastiques mesures de réduction des coûts. Rien que sur le dernier exercice, il a réduit ses effectifs de 1.900 personnes dans sa division production musicale afin d'économiser 100 millions de livres de coûts fixes par an. Il a également rompu son contrat avec Mariah Carey, après l'échec de son dernier album Glitter, supprimé les labels déficitaires et réduit le nombre d'artistes sous contrat. Grâce à ces mesures, la marge opérationnelle de la division production a plus que doublé, passant de 4,1% à 8,5%. Le bénéfice opérationnel a ainsi fait un bond de 81% à 150,5 millions de livres. A contrario, la branche d'édition musicale a légèrement baissé de 3,2%, à 103,5 millions de livres.Malgré les baisses des coûts, EMI, qui édite des artistes tels que Pink Floyd, Robbie Williams ou Radiohead, n'a pu compenser l'érosion de son chiffre d'affaires. Les revenus ont ainsi reculé de 8,4% à 2,18 milliards de livres. La partie production de disques, qui représente 80% des ventes du groupe, a même reculé de 12,6%, contre 8,7% sur l'ensemble du marché, selon le communiqué publié par le groupe. La major pointe ainsi du doigt le piratage à grande échelle, via Internet ou sur CD vierges. Les ventes de musiques, qui ont globalement reculé de 7% en 2002 selon d'autres chiffres publiés par l'IFPI en avril dernier, ont également pâti de la concurrence d'autres loisirs tels que les jeux vidéo, sans oublier l'impact d'une conjoncture économique morose. Pour l'exercice entamé le 1er avril, EMI attend un recul des ventes mondiales de musique compris entre 5 et 8%, mais affirme entrevoir des signes de stabilisation sur le marché américain. A l'IFPI, on prévoyait en avril dernier une diminution des ventes de 5% cette année, alors que la plupart des éditeurs tablent sur une baisse de 9 à 10%. A Londres, le titre EMI recule de 9,63% à la clôture, à 122 pence.

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