Incertitudes sur le niveau de provisions de la Société Générale

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Avec un premier trimestre synonyme d'agréable surprise, BNP Paribas a placé la barre très haut et n'a certainement pas facilité la tâche du Crédit Lyonnais et de la Société Générale. Car s'ils veulent soutenir la comparaison, les deux établissements bancaires, qui publieront respectivement mercredi et jeudi prochains leurs chiffres trimestriels, se doivent de faire bonne figure.Interrogé par l'AFP, Philippe Ricarte, analyste chez KBC, note que la Société Générale "calque de plus en plus son profil sur celui de BNP Paribas" et qu'elle est du coup capable de relever le défi. D'autant qu'elle a fait des efforts pour réduire ses coûts. Les prévisions du marché semblent aller dans ce sens. Le consensus Reuters pronostique un résultat brut d'exploitation de 1,049 milliard d'euros, contre 1,038 milliard un an plus tôt, et un produit net bancaire de 3,637 milliards, contre 3,675 au premier trimestre 2002.Néanmoins, une incertitude de taille demeure: la faiblesse persistante des marchés devrait de nouveau avoir pesé sur les nombreuses participations financières de l'établissement. Dès lors chacun s'interroge sur l'ampleur des provisions qui pourraient être inscrites dans les comptes du trimestre. D'où des prévisions très contrastées d'un analyste à l'autre en ce qui concerne le résultat net. Elles vont de 133 à 497 millions d'euros, alors que l'an dernier le bénéfice net était de 511 millions d'euros.Pour le Crédit Lyonnais, la situation devrait être différente. Détenant moins de participations industrielles que ses concurrentes, la banque au lion est moins exposée au risque de dépréciations. Et du côté de la banque de détail il n'y a pas d'inquiétudes particulières. Le Lyonnais devrait réaliser un bon résultat dans la banque de détail, "donc un bon résultat tout court", résume Philippe Ricarte.Les pronostics témoignent de la confiance des observateurs. PNB et RBE devraient en moyenne croître de 1 et 3%. Quant aux provisions, elles ne devraient pas trop affecter la rentabilité nette. Après les 226 millions de profits dégagés au premier trimestre 2002, le consensus établi par Reuters n'attend qu'un repli très limité du résultat net: -6,2%, à 212 millions d'euros. Certains croient même la banque capable d'améliorer son bénéfice, l'estimation la plus haute étant de 252 millions d'euros.Qu'ils soient orientés à la hausse ou à la baisse, les comptes du Crédit Lyonnais ne devrait toutefois avoir qu'une importance symbolique, chacun ayant aujourd'hui les yeux tournés vers le projet d'alliance avec le Crédit Agricole. "Les résultats du premier trimestre pour le Lyonnais comme pour le Crédit Agricole ne servent pas à grand chose. On ne les voit pas reprendre des provisions générales aujourd'hui mais plutôt les garder pour après leur mariage", remarque à cet égard Jean-Baptiste Bellon, chez Deutsche Bank. Alors qu'une OPA est en cours, le rapprochement apparaît d'ailleurs de plus en plus probable. BNP Paribas, actionnaire du Lyonnais et longtemps adversaire du Crédit Agricole dans ce dossier, semble désormais prêt à lui laisser la main. Rappelant qu'aucune décision officielle n'a encore été prise, Baudoin Prot, directeur général de BNP Paribas a néanmoins déclaré sur Radio Classique (voir ci-contre) que son établissement privilégiait pour l'heure un "scénario d'apport" de ses titres.

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