Rien ne se crée, tout se transforme

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Spiderman, Daredevil, les X-Men, bientôt Superman et l'Incroyable Hulk... Plus tout jeunes, ces héros de bandes dessinées sont de retour, plus que jamais à la mode. Le légendaire appétit des Américains pour les adaptations a contaminé le reste du globe et les films qui les mettent en scène se sont installés aux toutes premières places du box office.Ce constat en dit sans doute long sur la crise de créativité que traversent les studios hollywoodiens. Il faut pourtant reconnaître qu'ils ont réussi à ripoliner des personnages qui avaient fini par atteindre un stade de "ringardisation" avancé. Mais, tout cela à un prix qui consiste à rendre à César ce qui lui revient. Les "comic books" qui avaient fait connaître ces super héros à des générations de lecteurs dans le monde s'arrachent-ils moins qu'avant ? Qu'importe ! Les adaptations cinématographiques se sont affirmées comme de juteux produits dérivés.Pour les détenteurs des droits, le retour sur investissement est impressionnant et même d'un niveau parfois inattendu. En témoigne le plébiscite des investisseurs, la semaine dernière après la publication des comptes de Marvel, l'éditeur américain qui a créé Daredevil, Spiderman, et les X-Men. Soient trois énormes succès mondiaux à leur sortie en salles. L'annonce par Marvel de la multiplication par cinq de ses revenus tirés de ses licences a propulsé l'action à son plus haut niveau depuis sept ans.Pour renouer avec les profits et revenir en grâce auprès des investisseurs, Marvel n'a pourtant pas eu grand chose à faire. Sinon veiller à ce que l'adaptation cinématographique soit conforme à sa vision de ses personnages. Grâce à un intense matraquage médiatique et des effets spéciaux toujours spectaculaires, les studios ont fait le reste. Et plutôt bien si l'on considère par exemple que le second volet des aventures des X-Men a engrangé 155,2 millions de dollars la première semaine de sa sortie. Spiderman a rapporté pour sa part 800 millions de dollars dans le monde.L'avenir devrait être rose si l'on considère que "L'incroyable Hulk" sort en juin et que la suite de Spiderman est actuellement en tournage. Pourtant, dès qu'il s'agit de gros sous, les litiges ne sont jamais très loin. Marvel et Sony ont ainsi porté en justice un conflit sur leur accord de licence pour Spiderman. Déjà, l'an dernier, Stan Lee, dessinateur de Marvel et créateur de la plupart de ses super héros avait attaqué l'éditeur pour obtenir un meilleur pourcentage des dérivés de ses créations.Le pactole des licences est toujours très convoité, surtout que le bon sens rappelle que leurs revenus sont rarement inépuisables. En quelques années à peine, les adaptations de bandes dessinées ont en effet remplacé celles des séries TV à succès. Elles pourraient bien subir le même sort. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à adapter et qu'il faille, rêvons un peu, redonner leur chance aux créateurs...

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