La Slovaquie choisie par Kia pour son usine européenne d'automobiles

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Le suspense aura duré près d'un an. Kia, la filiale du Coréen Hyundai, a finalement choisi Zilina, en Slovaquie, pour implanter sa première usine en Europe. Kia avait annoncé en mars 2003 son intention de créer une usine qui devrait produire près de 5 millions de véhicules par an en 2010. Quatre pays s'étaient alors portés candidats: la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie. Mais les deux premiers avaient été écartés en novembre dernier, car le Coréen estimait que leurs projets n'étaient pas compétitifs. Kia entend dépenser 700 millions d'euros pour construire ce site qui devrait entamer sa production en 2006 avec 200.000 véhicules par an. 2.400 employés devraient être recrutés en Slovaquie. En tout, le Coréen devrait dépenser pour cette implantation un peu plus d'un milliard d'euros. Le choix de la Slovaquie n'étonnera en fait personne. D'abord parce que de nombreuses rumeurs de presse depuis deux mois annonçaient que Kia avait fait le choix du site de Zilina. Ensuite et surtout parce que ce choix fait suite à de nombreuses autres implantations géantes d'industriels dans ce pays. Citons, parmi d'autres, PSA, Volkswagen, Samsung ou encore Bacou-Dalloz. Bratislava a annoncé qu'il attendait 5 milliards d'euros d'investissements dans les trois années à venir. La Slovaquie est devenue le pays idéal pour les délocalisations depuis l'arrivée au pouvoir de la coalition de droite en 1998. Le pays qui, jusqu'alors, somnolait sous le régime nationaliste et autoritaire de Vladimir Meciar s'est alors brusquement ouvert: les services publics ont été privatisés, le marché du travail libéralisé et Bratislava a tout fait pour favoriser les investissements étrangers. Ainsi, le gouvernement a offert à Kia le terrain pour son usine ainsi que de nombreux avantages fiscaux. Le pays s'était d'ailleurs lancé dans une surenchère sur ces avantages avec son voisin polonais. Mais évidemment, le choix de Kia est d'abord motivé par le coût de la main d'oeuvre. La Slovaquie, pays qui dispose d'une histoire industrielle importante, dispose de salariés compétents dont les salaires sont les plus bas des dix nouveaux entrants dans l'Union européenne. Le salaire brut moyen en Slovaquie est inférieur de 25% à celui de ses voisins et est six fois moins élevé qu'en Allemagne. Malgré une inflation forte (8,7% en 2003), la tension sur les salaires reste cependant réduite, notamment en raison du fort taux de chômage (15,5%). Si on ajoute à cela des infrastructures correctes, bientôt améliorées grâce aux subventions communautaires et une proximité des grands marchés occidentaux (Bratislava n'est qu'à 66 kilomètres de Vienne), la Slovaquie semble un lieu idéal pour s'implanter. Le gouvernement slovaque ne devrait évidement pas manquer de saluer cette "victoire". D'autant que sa situation est loin d'être stable. Le Premier ministre, Mikulas Dzurinda, doit en effet faire face à une opposition grandissante - et parfois violente - dans son pays (lire ci-contre). Alors qu'il est contesté au sein de sa propre coalition, ce succès sera un argument de poids avant les scrutins du 1er avril. Ces derniers regrouperont deux élections : une élection présidentielle (mais le président n'a pas un rôle déterminant) et un référendum pour dissoudre l'actuel parlement. Or, un récent sondage a montré que 54% des Slovaques pourraient voter pour cette dissolution. S'en suivrait, juste avant l'entrée dans l'UE, de nouvelles élections où les partis populistes - notamment celui de Vladimir Meciar - pourraient faire une percée significative.

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