La Commission européenne adopte un projet de budget en hausse sensible

C'est peut-être un nouveau conflit d'importance qui s'engage entre les pays membres de l'Union européenne et la Commission. Thème de ce désaccord, qui survient après l'affrontement sur l'application du Pacte de stabilité : le montant du budget communautaire pour la période 2007-2013, que la Commission souhaite nettement plus élevé que les principaux pays de la Communauté.La Commission européenne a en effet adopté aujourd'hui un projet de budget pour la période considérée marqué par une forte hausse : l'objectif visé porte sur des dépenses de l'Union à 25 s'élevant à 150,2 milliards d'euros en 2013, ce qui correspondrait à environ 1,22% du produit intérieur brut de l'Union. Dans le cadre du plan budgétaire actuel, les dépenses communautaires s'élèveront à 115,7 milliards d'euros en 2006.Cette nette augmentation du budget de l'Union reflète les voeux de la Commission et de son président, Romano Prodi, mais pas ceux des principaux contributeurs. En décembre dernier, six de ces pays - Allemagne, France, Royaume Uni, Pays-Bas, Suède, Autriche - avaient écrit à la Commission pour demander que les dépenses de l'Union soient plafonnées à 1% du PIB communautaire après 2006. Pour les pays contributeurs nets, l'augmentation de ces dépenses est en effet insupportable : plusieurs d'entre eux, la France et l'Allemagne notamment, sont confrontés à des déficits domestiques dépassant la norme de 3% de leur PIB prévue dans le Pacte de stabilité - ce qui leur est amèrement reproché par la Commission. Ils ont donc beau jeu de dire à cette dernière qu'elle ne peut leur demander au même moment d'accroître encore leurs contributions...Mais l'exécutif de l'Union, à l'inverse, a de solides arguments pour plaider en faveur d'un relèvement du budget. Au premier rang desquels figure l'élargissement de l'Union. Avec l'entrée, en mai, de dix pays sensiblement moins riches que la moyenne communautaire actuelle, auxquels devraient s'ajouter la Bulgarie et la Roumanie en 2007, les besoins en matière de financement du développement régional, par exemple, vont sensiblement augmenter, de même que les budgets consacrés à la politique agricole.De ce fait, la Commission récuse totalement l'idée d'un gel des dépenses communautaires après 2006. Lundi, le président du Parlement européen Pat Cox s'est rallié à la thèse de la Commission, en récusant l'idée d'une "Europe au rabais" et en appelant à ne pas "oublier que l'Europe va atteindre l'âge adulte et a besoin de plus que de l'argent de poche". Confrontée à des thèses aussi opposées, la présidence irlandaise de l'Union a annoncé aujourd'hui qu'elle va établir une "feuille de route" pour faire avancer les négociations. Selon le ministre irlandais des Finances Charlie McCreevy, les ministres des Finances des Quinze discuteront des perspectives budgétaires de l'UE lors de leur réunion informelle début avril, en Irlande. "Nous voulons qu'il y ait une contribution significative de l'Ecofin", a-t-il affirmé, tout en rappelant que la négociation se jouerait au niveau des ministres des affaires étrangères puis des chefs d'Etat et de gouvernement des 25 pays de l'UE élargie.

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