Opep, le statu quo avant la baisse ?

A la veille de la réunion de l'Opep à Alger, les cours de l'or noir font preuve de fermeté. En fin d'après-midi lundi, le baril de Brent de mer du Nord pour livraison en mars, référence sur l'International Petroleum Exchange de Londres, est stable à 28,85 dollars. Les cours du pétrole demeurent donc au dessus de la limite supérieure de la fourchette que s'est fixée le cartel, à savoir un cours évoluant entre 22 et 28 dollars.Pas question pour autant pour les pays exportateurs de pétrole d'augmenter leur production, ce qui aurait le mérite d'alléger la facture énergétique des économies occidentales. La problématique de l'Opep est aujourd'hui radicalement différente: les membres du cartel tentent de déterminer la meilleure stratégie afin d'éviter un éventuel effondrement des cours à la sortie de l'hiver, période où la demande qui leur sera adressée pourrait nettement reculer.A la lumière des dernières déclarations de certains ministres de l'Opep, et sauf surprise comme en septembre dernier, il semble cependant que l'organisation pourrait décider demain de maintenir en l'état ses quotas de production, à savoir 24,5 millions de barils par jour (mbj). Cette décision devrait néanmoins s'accompagner d'un énième appel à la discipline. En janvier, le cartel aurait dépassé ses quotas officiels de 1,8 mbj. Un meilleur respect permettrait mécaniquement de réduire l'offre de brut sur le marché.Ce statu quo ne serait néanmoins qu'une nouvelle version du célèbre "reculer pour mieux sauter". Les analystes estiment en effet que le cartel sera amené - et sans doute dès sa réunion de mars - à décider une baisse de sa production. Le président de l'Opep, l'indonésien Purnomo Yusgiantoro, a d'ores et déjà annoncé la couleur en indiquant qu'une réduction de la production sera nécessaire au deuxième trimestre. Faute de quoi, a renchéri le ministre algérien de l'Energie, le baril pourrait tomber "sous les 22 dollars au deuxième et troisième trimestres". Le ministre koweïtien du Pétrole, cheikh Ahmed Al-Fahd Al-Ahmed Al-Sabah, a une idée de l'ampleur de la réduction qu'il faudrait décider en mars: selon lui, elle devrait porter sur un million de barils par jour. Souvent mise en cause ces derniers mois pour son inaction face à l'envolée des cours, l'Opep répond que la hausse des cours n'est pas due à une pénurie de pétrole - le dépassement des quotas serait ainsi un moyen d'ajuster l'offre à la demande - mais à des mouvements spéculatifs liés à des questions géopolitiques et aux niveaux des stocks dans les pays consommateurs. Par ailleurs, les pays du cartel soucieux de défendre leurs revenus ont beau jeu de souligner qu'avec la baisse du dollar leurs recettes pétrolières sont nettement rognées, ce qui à leurs yeux justifie un peu plus des prix élevés.

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