Dissonances à l'Opep à la veille de la réunion de Vienne

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L'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) va-t-elle revenir sur sa décision de réduire ses quotas au 1er avril? Plusieurs voix vont dans ce sens à la veille de la réunion extraordinaire de Vienne.Alors que les critiques à l'égard de l'Opep se sont faites nombreuses ces dernières semaines, notamment aux Etats-Unis où les prix de l'essence ont flambé pour atteindre des niveaux records, c'est justement l'un des plus proches alliés des Américains au sein du cartel qui s'est prononcé en faveur d'un report de la réduction de la production décidée en février à Alger. Afin de contribuer à une maîtrise des cours du brut, "le Koweït veut voir les membres de l'Opep réduire leur surproduction et reporter la décision de réduire de 1 million de barils par jour (bpj)" leur plafond de production, a déclaré le ministre koweïtien de l'Energie, cheikh Ahmad Fahd Al-Sabah.Si du côté d'Abou Dhabi on se veut moins catégorique, on ne ferme pas non plus la porte à un report de la mesure d'Alger. "Différentes idées, dont un report de l'application de la décision d'Alger, seront à l'étude", a expliqué le ministre émirati du Pétrole, Obeid Ben Saïf Al-Nassiri.Reste que cette position est loin de faire l'unanimité au sein de l'organisation. Ces jours-ci, Ali Al-Nouami, le ministre saoudien du Pétrole, n'a cessé de répéter que le prix actuel de l'essence "aux Etats-Unis n'a rien à voir avec l'approvisionnement en pétrole". Et d'ajouter: "en ce qui concerne l'Arabie Saoudite, la réduction du 1er avril a été mise en oeuvre".Attribuant également la montée des prix à la spéculation et aux incertitudes géopolitiques, l'Algérie se montre encore plus radicale. "Les stocks sont en train de se reconstituer (...). Nous ferions mieux de nous en tenir" à la décision prise en février, a lancé Chakib Khelil, ministre algérien de l'Energie, dès son arrivée à Vienne. Et de conclure sans équivoque qu'un renoncement "affecterait la crédibilité de l'Opep".Pour mémoire, l'Opep avait décidé le 10 février à Alger, à la surprise générale, de réduire de 2,5 millions de bpj sa production avec l'élimination en mars d'une surproduction estimée à 1,5 million de bpj puis une baisse de ses quotas de 1 million de bpj en avril. La question est donc aujourd'hui de savoir si le quota du cartel sera fixé à 23,5 millions de bpj (comme prévu et comme le souhaite l'Algérie) ou maintenu à 24,5 millions de bpj (comme l'espèrent les pays consommateurs). Si le suspense demeure, le marché se montre pour sa part très réservé, d'autant que le Venezuela et la Libye se sont d'ores et déjà prononcés en faveur du maintien de la réduction de la production. En fin d'après-midi, le baril de Brent gagne 66 cents, à 32,40 dollars le baril.

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