Sommet sous tension à Bruxelles

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L'atmosphère était lourde à Bruxelles, vendredi après-midi. La possibilité d'un échec du sommet européen sur le choix du prochain président de la Commission européenne était forte, tandis que celle d'un accord sur la Constitution européenne n'était pas encore assurée...Sur le premier point, le remplacement de Romano Prodi à la tête de la Commission, il semble bien qu'aucun progrès n'ait été effectué. Le Premier ministre irlandais Bertie Ahern, qui préside le sommet, a d'ailleurs ouvertement mentionné la possibilité que la décision soit remise à plus tard: la solution sera trouvée "aujourd'hui (vendredi), demain (samedi) ou un autre jour, on verra", a-t-il dit à la presse, laissant ainsi ouvertes toutes les possibilités.Tout indique en effet que les discussions sur ce point se sont fort mal engagées. La soirée de jeudi a été marquée par de vifs affrontements entre les chefs d'Etat et de gouvernement des vingt-cinq pays membres. "Cela n'a pas été une discussion amicale", a souligné un diplomate européen, maniant l'euphémisme de rigueur dans de telles circonstances...La France et l'Allemagne ont continué à pousser leur candidat, le Premier ministre belge Guy Verhofstadt. Mais cette hypothèse s'est heurtée à une vive opposition de la part de nombreux membres de l'Union. Différents petits pays se sont ralliés à la candidature du britannique Chris Patten, soutenue par la Grande-Bretagne. Une attitude qui traduit leur désir de s'opposer à la mainmise de l'axe franco-allemand sur le fonctionnement de l'Union. Du coup, Chris Patten a recueilli plus de voix que le Premier ministre belge, sans pour autant atteindre la majorité qualifiée nécessaire pour être désigné.En l'état actuel des choses, a résumé Bertie Ahern, "la question est simple: si quelqu'un a la majorité qualifiée, il sera élu" à la tête de la Commission. Mais "le problème est que, pour l'instant, personne ne l'a" et "aucun candidat n'a encore émergé". A défaut d'un accord sur le prochain président de la Commission, du moins les participants du Sommet espéraient-ils pouvoir afficher une belle unanimité sur la Constitution européenne. Ne serait-ce que pour faire bonne figure au lendemain des désastreuses élections européennes de dimanche dernier.Vendredi matin, le Premier ministre irlandais a ainsi affirmé qu'un accord était en vue. La présidence irlandaise a élaboré une nouvelle offre de compromis sur la Constitution qui reprend les grandes lignes de son projet, notamment en ce qui concerne le système de votes entre les 25. Ce projet institue une double majorité, en nombre de pays et en pourcentage de la population de l'Union. Pour prendre une décision à la majorité qualifiée, il faudrait l'approbation de 55% des pays, représentant 65% de la population. En outre, une clause de sauvegarde serait instituée, permettant à un Etat membre de bloquer temporairement une décision, même si la minorité de blocage n'était pas totalement atteinte. Mais vendredi en début d'après-midi, il apparaissait qu'une douzaine de petits et moyens pays refusaient ce projet, qui est soutenu par la France, l'Allemagne et l'Espagne. Ces pays - République tchèque, Autriche, Chypre, Lettonie, Lituanie, Estonie, Finlande, Hongrie, Malte, Portugal, Slovaquie, Slovénie - souhaitent pour leur part que le seuil en nombre de pays soit fixé à environ 60%, de façon à renforcer leur poids dans le processus.En fin d'après-midi, toutefois, il apparaissait que les termes d'un compromis sur ce point se dégageaient. La présidence irlandaise aurait proposé de relever légèrement le seuil représentant les pays. Il faudrait désormais qu'une majorité de pays, plus un, représentant 65% de la population soient d'accord pour qu'une décision soit adoptée.

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