Après Madrid, le débat sur la sécurité envahit la campagne américaine

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Si la Bourse de New York semble s'être remise de ses frayeurs après les attentats de Madrid la semaine dernière, ce n'est pas forcément le cas pour les Américains. Encore traumatisés par les attentats du 11 septembre 2001, les événements madrilènes conduisent une fois de plus les Américains à se demander non pas s'il y aura une nouvelle attaque sur leur sol, mais quand et où elle aura lieu... Du coup, c'est la campagne électorale américaine qui change de ton. Alors que le président Bush fonde sa campagne sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité de ses compatriotes, ceux-ci commencent à se demander s'ils sont vraiment plus en sécurité grâce à leur président. Si une (petite) majorité estime encore que la guerre en Irak valait la peine d'être menée, de plus en plus d'électeurs se posent des questions sur la finalité de cette offensive. D'autant que malgré la chute, puis la capture, de Saddam Hussein, les attaques terroristes en Irak et ailleurs n'ont pas cessé. Du coup, les électeurs pourraient écouter avec plus d'attention les arguments d'un ancien candidat à l'investiture démocrate, Howard Dean. Celui-ci est d'ailleurs récemment réapparu sur les chaînes de télévision. Pour marteler le slogan qui avait été celui de sa campagne avortée : le monde n'est pas plus sûr depuis que George Bush s'est embarqué dans une croisade anti-terroristes. "C'est ce que j'avais dit à propos de la capture de Saddam Hussein, à la mi-décembre, et je le maintiens", a-t-il déclaré dans une émission politique. "Imaginons de nouveaux attentats aux Etats-Unis en octobre prochain, déclare à La Tribune Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l'Université de Virginie, l'effet politique serait-il le même qu'en Espagne, autrement dit, l'électorat voterait-il pour l'alternance?". Si les Américains ne s'intéressent pas qu'à la guerre en Irak et à la lutte contre le terrorisme - ils s'inquiètent aussi pour leur emploi et leurs revenus, par exemple - il est clair qu'au moins pour le moment, les attentats de Madrid ont redonné de la vigueur au thème sécuritaire. "Il s'agira de savoir qui, de George Bush ou de John Kerry, sera considéré comme le meilleur leader en matière de sécurité nationale en novembre prochain", conclut d'ailleurs Peter Brooks, spécialiste des questions de sécurité à l'Heritage Foundation. Les paris sont ouverts.

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