Sarkozy confirme le changement de statut d'EDF et GDF

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Le gouvernement est bien décidé à tenir le cap: le changement de statut d'EDF et GDF interviendra comme prévu cet été, et cela en dépit de la très vive hostilité manifestée par le personnel. C'est ce qu'a confirmé aujourd'hui le ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, qui recevait les syndicats des deux entreprises publiques.S'inscrivant dans la ligne du gouvernement précédent, Nicolas Sarkozy a précisé le calendrier qui doit mener au changement de statut d'ici la fin de juillet prochain. Première étape: le gouvernement "organisera dès jeudi 15 avril un grand débat d'orientation au Parlement sur l'énergie". Viendra ensuite le dépôt début mai d'un projet de loi d'orientation sur les énergies, qui devrait être examiné dès la fin de ce mois. Troisième étape: le projet de loi sur les IEG (industries électriques et gazières) sera déposé début juin. Texte clé du processus, il "comprendra des dispositions sur la nouvelle organisation juridique des entreprises et le système de financement des retraites", a précisé le ministre. Cette loi devrait être votée avant la fin de juillet, de façon à ce qu'EDF et GDF "ne prennent pas de retard dans ce nouvel environnement ouvert à la concurrence".Si le gouvernement est donc plus attaché que jamais à cette évolution du statut des deux entreprises, il est bien conscient de l'hostilité que cette initiative suscite parmi leur personnel, hostilité qui s'est manifestée la semaine dernière par une grève très suivie. Nicolas Sarkozy a donc entrepris de multiplier les précisions destinées à rassurer ses interlocuteurs.Point fondamental souligné par le ministre: il n'est pas question de privatiser EDF et GDF, mais simplement d'adapter leur statut à un environnement ouvert à la concurrence. Elément peut-être encore plus sensible pour ses interlocuteurs syndicaux: le statut des personnels ne sera pas affecté par ces changements. Une mesure calquée sur ce qui a été fait chez France Télécom, où la privatisation n'a pas empêché le personnel de garder son statut de la fonction publique.Plus généralement, le ministre des Finances a redit que "les valeurs du service public seront maintenues (notamment l'égalité d'accès des Français devant l'énergie et la solidarité avec les plus démunis)". En dépit de tous ces éléments rassurants, Nicolas Sarkozy sait bien que le personnel d'EDF et GDF est très remonté contre le projet d'évolution du statut des deux entreprises et redoute que, quelles que soient les garanties avancées par le gouvernement, une deuxième étape conduise ensuite inéluctablement à leur privatisation.Pour le ministre, il est donc vital d'essayer de désamorcer un conflit social de grande ampleur, lourd de danger. Un signal d'alarme très fort a été lancé avec la journée d'action de la semaine dernière, marquée par les premières coupures de courant depuis de longues années.C'est sans doute pour faire retomber la tension avec les salariés des deux entreprises qu'il a donc affirmé "la nécessité de relancer le dialogue social au sein de la branche des IEG et d'EDF et de GDF". Nicolas Sarkozy a annoncé avoir "demandé aux présidents des entreprises et aux représentant patronaux de la branche de reprendre et d'accélérer les négociations en cours". Au menu de ces discussions, qui pourraient commencer dès la semaine prochaine: la négociation d'un accord sur l'égalité professionnelle, des négociations sur l'emploi, le dialogue social et les conditions de travail, a précisé le ministre. Au niveau de la branche, enfin, les discussions porteront sur "les classifications, les rémunérations, la formation, la mobilité, le régime complémentaire maladie", a-t-il ajouté.

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