La réforme du statut d'EDF-GDF maintenue malgré la mobilisation des salariés

Les assurances de Nicolas Sarkozy quant au caractère limité de l'ouverture du capital d'EDF et de GDF n'ont pas suffit à désamorcer l'hostilité des salariés des deux entreprises publiques. Selon un communiqué de la direction d'EDF, la mobilisation des électriciens a été "forte" aujourd'hui, avec une première estimation du taux de grévistes "de l'ordre de 50% de l'effectif total" d'EDF. Du côté des syndicats, Frédéric Imbrecht, le secrétaire général de la fédération Mines Energie de la CGT, majoritaire aux élections professionnelles de 2003, fait pour sa part état de "75% de grévistes".Pour cette journée d'action, les syndicats avaient prévu des manifestations, comme à Paris où selon les syndicats 8.000 gaziers et électriciens ont défilé ce matin, mais aussi des initiatives locales pouvant aller jusqu'à des coupures d'électricité. Cela a notamment été le cas dans le Nord de la France. La nuit dernière, à Lille, Roubaix, Tourcoing et Wasquehal, l'éclairage public a été interrompu pendant quelques heures. A Pau, des salariés d'EDF ont bloqué un transformateur et ont maintenu le tarif heures creuses pour les abonnés de la ville et de son agglomération. Des manifestations ont également eu lieu à Lyon et à Grenoble.Dans les colonnes de La Tribune (lire ci-contre), le secrétaire général de la CGT a exigé "le retrait du projet de loi sur le changement de statut d'EDF-GDF", estimant qu'aucun argument ne justifie la décision de faire évoluer ce statut. Il a dénoncé "l'impératif purement financier et idéologique" qui préside à ce choix consistant à mettre l'entreprise sur la voie de la privatisation. Pour Bernard Thibault, "le gouvernement a besoin de vendre les bijoux de famille pour combler les déficits que génère sa politique économique". La virulence des propos du patron de la CGT démontre que les tentatives de Nicolas Sarkozy (lire ci-contre) pour rassurer les salariés sur les intentions du gouvernement n'ont pas atteint leur but. En effet, tout en maintenant le cap des réformes en assurant que les "évolutions juridiques nécessaires" seraient menées à bien, le nouveau locataire de Bercy a promis au personnel d'EDF-GDF que leur statut serait maintenu. Le ministre de l'Economie a également indiqué que ni EDF, ni GDF ne seraient privatisées, acceptant même de discuter d'un éventuel relèvement au-dessus de 51% du seuil minimal de présence de l'Etat dans les deux entreprises. Echaudés par l'exemple de France Télécom, les électriciens et les gaziers n'accordent apparemment guère de crédit à ces paroles.Au Sénat cet après-midi, le Premier ministre a repris les arguments du ministre de l'Economie. Jean-Pierre Raffarin a dit qu'il n'y aurait ni "report" du changement de statut d'EDF-GDF, ni "privatisation" de ces entreprises publiques. Il n'y aura "pas de changement de statut pour les agents d'EDF et de Gaz de France, c'est clair, net et précis", a souligné Jean-Pierre Raffarin, et "il n'y aura pas de privatisation d'EDF et de Gaz de France, il y aura une adaptation juridique européenne qui est rendue nécessaire pour faire de ces grandes entreprises françaises publiques de véritables champions mondiaux".

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