Tokyo sous le coup de la crise irakienne

Seule grande place financière internationale ouverte en ce Vendredi Saint, Tokyo a vécu une journée noire. L'indice Nikkei a clôturé en baisse de 1,61%, terminant la séance à 11.897,51 points. Un repli brutal qui contraste avec les performances enregistrées ces derniers temps par la place japonaise, qui était ainsi montée à ses plus hauts niveaux depuis 32 mois.Principale raison de ce coup de déprime: l'extrême inquiétude ressentie au Japon au sujet de la prise d'otages réalisée en Irak. Jeudi, trois civils japonais ont été enlevés et leurs ravisseurs - un groupe jusqu'ici inconnu - ont annoncé qu'ils seraient brûlés vifs si le Japon ne retire pas ses troupes du pays dans les trois jours. Cet enlèvement intervient dans un contexte de plus en plus tendu en Irak. Dans la seule journée d'hier, 14 étrangers ont été faits prisonniers par des groupes irakiens. Mais sept d'entre aux, des Sud-coréens, ont été relâchés dans la journée.Pour le gouvernement japonais, la situation créée par la capture de ses ressortissants - deux coopérants et un photographe - est d'une extrême gravité. La première réaction de Tokyo a été d'afficher la plus grande fermeté. Intervenant lors d'une conférence de presse, le Premier ministre Junichiro Koizumi a affirmé que "nous ne devons pas céder aux menaces abjectes de terroristes". Dès lors, "il n'y a aucun plan" de retrait des troupes d'Irak et le gouvernement fera "tout son possible afin que les otages soient libérés immédiatement". Mais le gouvernement, qui a mis en place vendredi matin une cellule spéciale de crise, risque d'être soumis à de vives pressions: l'envoi de troupes en Irak - 550 soldats présents dans le sud du pays pour des missions non combattantes de reconstruction et d'opérations humanitaires - n'a pas été accepté facilement dans un pays où le refus d'envoyer des troupes à l'étranger avait été érigé en dogme depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.Dès lors, le presse japonaise parlait, vendredi matin, de "scénario catastrophe" pour le gouvernement. L'inquiétude dans le pays est telle, en fait, que le gouverneur de la Banque du Japon, globalement optimiste sur la reprise de l'économie du pays, n'a pas hésité à affirmer que celle-ci pourrait être compromise par les risques géopolitiques liés à la crise en Irak... Dans un tel contexte, il n'est pas étonnant que les marchés soient désorientés. Selon les analystes, en fait, toute évolution malheureuse de l'affaire pourrait aller jusqu'à menacer l'existence du cabinet Koizumi et peser sur le résultat des élections de la Chambre Haute du Parlement, qui se tiennent en juillet.

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