Bull lance son augmentation de capital

L'action Bull joue aux montagnes russes. Son cours s'est ainsi littéralement envolé ce matin, montant jusqu'à 0,40 euro, soit un gain de près de 30%. Le titre du groupe d'informatique français en difficultés financières chroniques réagissait ainsi à l'annonce du lancement d'une augmentation de capital de 44,25 millions d'euros, à un cours de 0,10 euro par action. L'opération court du 17 juin jusqu'au 30 juin inclus. Elle assure le maintien du droit préférentiel de souscription et est garantie entre autres par le groupe électronique japonais NEC, France Télécom, ainsi que AXA Private Equity. NEC et France Télécom, qui détiennent chacun 16,9% de Bull, s'engagent à souscrire à l'augmentation de capital pour un maximum de 75 millions d'actions nouvelles chacun. Axa Private Equity s'engage pour un maximum de 70 millions d'actions nouvelles. Cette augmentation de capital, qui fait partie du plan de refinancement que la société a annoncé en mars dernier, aura pour effet de réduire la participation de l'Etat et des actionnaires de référence du groupe. De fait, à l'issue de cette opération, l'Etat français détiendra moins de 3% du capital de Bull. NEC et France Télécom n'en posséderont plus que 12 à 13%.Au coeur de l'opération figure l'apport par l'Etat français d'une aide à la restructuration de 517 millions d'euros, qui permettra à Bull de lui rembourser les prêts de 450 millions d'euros qu'il lui avait consentis voici deux ans. La Commission européenne avait à l'époque accepté le principe de ces prêts, à condition que ces sommes soient remboursées par Bull avant juin 2003. Ce dont le groupe informatique s'est révélé incapable. La Commission, qui a attaqué la France à l'automne dernier devant la Cour de justice du Luxembourg sur ce point, doit maintenant accepter le principe de cette nouvelle aide publique. Le plan de sauvetage de Bull comprend également une offre publique d'échange simplifiée visant les obligations à option de conversion et/ou d'échange en actions nouvelles ou existantes (Océanes) du groupe. Cette offre est ouverte depuis le 14 juin et jusqu'au 2 juillet."Il reste difficile pourtant d'expliquer l'envolée du cours, ce matin", s'étonne Julien Batteau, gérant chez Richelieu Finance, pour qui les volumes des transactions restaient alors peu significatifs. En effet, les échanges de titres étaient assez faibles, avec environ 250.000 titres qui ont changé de mains ce matin, contre des volumes de 170 millions d'échanges la veille de l'opération. Toutefois, ces volumes se sont étoffés dans la journée, et l'action demeure extrêmement volatile. Ainsi, après être retombée à 0,30 euro, avec une baisse de 3,23% à mi-séance, l'action a terminé en hausse de 16,13%, à 0,36 euro. "Il faut certes reconnaître que cette augmentation de capital donne un peu d'air à Bull... Mais pour combien de temps?", ironise le gérant. "Car dans ce dossier, il vaut mieux être créancier qu'actionnaire", conclut-il.Bull reste en effet un dossier très spéculatif et risqué, même si le groupe avait réussi à renouer avec les bénéfices pour l'exercice 2003, pour la première fois depuis quatre ans, affichant un résultat net de 4,1 millions d'euros.

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