"La hausse des taux de la Fed va être négative pour l'ensemble des marchés actions"

latribune.fr.- Les spéculations vont bon train sur la prochaine hausse des taux de la Fed, à la fin de juin. Quel est votre sentiment sur le niveau de cette hausse?Jean Borjeix.- Je m'attends à une hausse modérée, de l'ordre de 25 à 50 points de base. Il semblerait en effet très surprenant que cette hausse soit supérieure à ces niveaux, car la Fed souhaite contrôler dans le même temps la hausse des taux longs. De plus, la croissance américaine ne devrait pas non plus s'emballer d'ici la fin de l'année. Ainsi, je pense que d'ici fin 2004, il n'y aura pas de forte accélération de la hausse des taux courts. On peut toutefois s'attendre à une ou deux hausses, d'un maximum de 50 points de base chacune, sur cette période. Puis, début 2005, le rythme de la remontée des taux directeurs de la Fed dépendra du dynamisme de la conjoncture américaine. Quel sera l'impact de la hausse des taux courts sur les actions?Il devrait être négatif sur l'ensemble des marchés actions, et sur l'ensemble des secteurs. Toutefois, l'assurance fait figure d'exception, surtout si la hausse des taux courts de la Fed entraîne une hausse modérée des taux longs. Nous nous orientons d'ailleurs vers un tel scénario. A l'inverse, au sein du secteur financier, les banques seront défavorisées par la hausse des taux courts. Les autres secteurs sont-ils logés à la même enseigne?Non. Les secteurs dits "défensifs", comme la pharmacie, la consommation longue durée, la distribution ou les services aux collectivités seront les moins exposés à l'impact de la hausse des taux directeurs, car ces secteurs sont peu sensibles à l'évolution de la conjoncture. Cependant, si les taux longs progressent dans la foulée, cela sera négatif pour les sociétés très endettées, comme les entreprises de services aux collectivités européennes, parmi lesquelles on note Suez. Quelles sont les autres valeurs françaises qui en pâtiront?D'autres grands groupes dont la dette reste très importante, comme Vivendi Universal, ou encore France Télécom.Dans ce contexte, quel sera le niveau du CAC 40 à la fin de l'année? Je prévoyais un niveau de 4.100 points jusqu'à présent. Mais aujourd'hui, je table davantage sur un niveau de 3.900 points. Mais les taux ne sont pas les seuls responsables de ce changement d'estimation...Quels sont autres facteurs qui influencent votre projection?Il me semble que le marché se focalise trop sur les taux. En fait, le problème de fond pour le marché est que nous assistons à un inversement de cycle. Depuis la fin de l'année 2002, les sociétés présentent de bons résultats. Mais le phénomène va s'estomper. Elles auront désormais des difficultés à publier des résultats aussi bons que ce qu'espèrent les analystes. Est-ce à dire que le CAC 40, en l'occurrence, est trop cher? Si l'on prend en compte les estimations de résultats des analystes pour estimer la valorisation du CAC 40, il est assez bon marché. Il affiche un PER de 12,5 pour 2004. En revanche, je pense que les analystes auront à revoir à la baisse leurs estimations de croissance de bénéfices pour cette année et pour l'année prochaine. Ils tablent sur une croissance des bénéfices de 15 à 18% pour 2004. Or, atteindre 15% de croissance pour cette année serait déjà un très bon résultat. De même pour l'année suivante, ils anticipent des croissances de bénéfices comprises entre 10 et 12%. Là encore, je prévois plutôt une croissance dans le bas de la fourchette.

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