Un nouveau gouvernement nommé mardi

Au lendemain du référendum, les conséquences de la victoire écrasante du non commencent tout juste à se faire sentir dans la vie politique française. La question centrale, à court terme, est celle du gouvernement, tant il est clair que le départ du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin est désormais inévitable. Hier soir, à l'issue du résultat, lors de son allocution, le président de la République avait annoncé qu'il prendrait une décision "dans les tout prochains jours" sur le gouvernement et "les priorités" de son action. Lundi dans l'après-midi, l'Elysée a fait savoir que Jacques Chirac annoncera demain mardi "ses décisions concernant le gouvernement". A la suite de quoi le président de la République s'exprimera dans une déclaration aux Français à la télévision dans la soirée.Jean-Pierre Raffarin vit donc ses dernières heures à Matignon. Reçu ce matin par Jacques Chirac, le Premier ministre a refusé de préciser s'il avait présenté la démission de son gouvernement au président de la République. Il a toutefois déclaré que "des développements (pourraient intervenir) dans la journée ou demain". Qui va lui succéder? Si le nom du ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin est fréquemment cité pour accéder à Matignon, ceux de l'actuelle ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie et du président de l'UMP Nicolas Sarkozy circulent également. Ce dernier a été reçu pendant une heure et quart lundi matin par Jacques Chirac, selon l'AFP. L'appel lancé dimanche soir, lors de l'annonce des résultats du référendum, par Nicolas Sarkozy à des "remises en cause profondes, rapides et vigoureuses" de la politique gouvernementale a été largement interprété comme une déclaration de candidature à Matignon.Tous ces candidats au poste de Premier ministre ont défilé aujourd'hui à l'Elysée, ainsi que d'autres responsables politiques comme le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, le président du Sénat Christian Poncelet, le président de l'UDF François Bayrou. Deux autres ministres cités comme candidats éventuels pour Matignon ont également rencontré le président: il s'agit du ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy et de celui de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo.Le nouveau gouvernement aura pour priorité de trouver le moyen de répondre au mécontentement social qui s'est exprimé dimanche dans les urnes. Commentant l'attitude des électeurs français, la Confédération européenne des syndicats (CES) a estimé ce matin que le texte a été victime des Etats "tentés d'ignorer l'Europe sociale". Pour la Confédération, le non français ne semble pas être "un rejet de l'Europe en général, mais un rejet de l'Europe néo-libérale. C'est aussi une réaction face aux craintes liées au chômage, aux délocalisations et à l'insécurité". De fait, la CES appelle désormais l'Union européenne à "se rapprocher des citoyens et de leurs revendications. Le marché intérieur doit être associé à une dimension sociale forte, prenant en compte les préoccupations des travailleurs et des syndicats", poursuit-elle. Côté patronal aussi, on prend la situation très au sérieux, même si les remèdes proposés ne sont pas forcément les mêmes... Parce que la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne "affaiblit l'économie française, la France et l'Europe", le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, a réclamé au cours d'une conférence de presse la "mise en oeuvre immédiate et accélérée d'un programme de réformes pour rétablir la situation économique et éviter que le système de protection sociale se dégrade". Selon lui, le non "empêche l'Europe de s'organiser mieux pour promouvoir ses intérêts dans le monde et y défendre son modèle économique et social" et "rend plus difficile la réalisation des objectifs de Lisbonne pour la compétitivité de l'Europe dans le monde". Le Medef, donc, "demande à ceux qui nous gouvernent d'engager sans délai la modernisation exigée par les entreprises de notre pays".

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