L'Union européenne plaide pour une coopération internationale contre la grippe aviaire

Au lendemain de l'apparition d'un nouveau cas suspect de grippe aviaire en Grèce, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne réunis aujourd'hui à Luxembourg ont appelé à une action internationale coordonnée pour lutter contre le risque de pandémie.Après les cas avérés de virus H5NI découverts sur des volailles en Turquie et en Roumanie, c'est au tour de la Grèce d'étudier le cadavre d'une dinde potentiellement contaminée. Le virus a déjà fait une soixantaine de victimes humaines en Asie depuis fin 2003 mais ne s'est pour le moment pas déclaré sur l'homme en Europe. L'inquiétude est d'autant plus vive dans la péninsule que les médias grecs font état de nombreux décès suspects de volailles déclarés par les éleveurs auprès des autorités sanitaires. Sans doute pour calmer les esprits, le ministre grec de la Santé Nikitas Kaklamanis a annoncé séance tenante la commande de 280.000 vaccins supplémentaires contre la grippe commune pour faire face à la demande exponentielle. Alors qu'ils ne sont pas supposés protéger directement contre la grippe aviaire, ces vaccins s'ajoutent aux quelque 1,45 million de doses déjà distribuées dans le pays. Par ailleurs, 40.000 boîtes de Tamiflu, antiviral susceptible quant à lui de réduire les symptômes de la grippe aviaire, s'ajouteront aux 500.000 doses déjà commandées. Dans la foulée, l'Espagne a également annoncé une augmentation de son approvisionnement en antiviraux. Ce sont désormais entre 6 et 10 millions de doses de Tamiflu qui seront commandées au laboratoire hélvétique.Les ministres des Affaires étrangères ont "salué les efforts déployés par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), l'OIE (l'Organisation mondiale de la santé animale), la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), la Banque mondiale et la Commission européenne pour mobiliser les pays touchés et les pays exposés dans la perspective de la réunion de l'Onu qui se tiendra à Genève du 7 au 9 novembre".En attendant, les conséquences économiques de ce fléau encore virtuel commencent a se faire sévèrement ressentir. Alors que les représentants des grands voyagistes et des hôteliers roumains ont annoncé des pertes de plusieurs millions d'euros, nombre de pays comme l'Iran, l'Ukraine, la Grèce et la Suède limitent ou interdisent tour à tour les importations de volailles et d'oiseaux pour éviter la propagation du virus. L'inquiétude gagne également les industriels en France, où les achats de volailles à Rungis, le plus important marché de gros en France, sont en baisse "d'environ 20% depuis le milieu de la semaine dernière", selon la Fédération nationale des syndicats de commerce de gros de produits avicoles (FNSCOPA).Roche prêt à coopérer pour autoriser les copies du TamifluRoche s'est dit prêt aujourd'hui à octroyer à d'autres laboratoires des licences de fabrication secondaires du Tamiflu. En desserrant ainsi son monopole de production, le laboratoire suisse cherche à contourner la règle de l'OMC qui autorise les gouvernements à faire copier un médicament en cas de crise sanitaire. Pour l'heure, seul Taiwan est en pourparlers avec le laboratoire pour obtenir une licence volontaire du médicament. Roche a également indiqué ne pas avoir été approché pour le moment par le laboratoire indien Cipla, qui souhaiterait, selon le Financial Times de ce week-end, fabriquer une version générique de l'antiviral. De fait, une autre règle de l'OMC autorise les pays producteurs de médicaments génériques comme l'Inde ou le Brésil à vendre des copies de produits brevetés à des pays n'ayant pas de capacité de production propre.

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