Affaire Rhodia : Thierry Breton maintient sa ligne de défense

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Le combat commence. Interrogé sur l'antenne d'Europe 1 ce matin, Thierry Breton s'est dit "révolté" par les expressions "affaire Rhodia" ou "affaire Breton" que l'on entend ces jours-ci. Reprenant des propos déjà martelés au cours des semaines passées, le ministre de l'Economie et des Finances a répété qu'il n'avait "rien à se reprocher" dans l'affaire Rhodia. Une montée au créneau urgente après les perquisitions effectuées à Bercy même ce lundi, au cours desquelles le bureau mais également l'ordinateur de Thierry Breton ont été contrôlés par les juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy, et les forces de police. Absent pendant cette perquisition, car en déplacement aux Etats-Unis, le ministre s'est d'ailleurs dit "un peu sidéré" par cette procédure, précisant toutefois qu'il ne la critiquait pas. La défense de Thierry Breton, qui fut administrateur de Rhodia entre avril 1998 et septembre 2002, reste la même. "Rien de ce qui m'a été présenté à moi-même, au conseil d'administration par le management, par la direction, par les commissaires aux comptes n'a heurté mon éthique, ma rigueur et ma déontologie", a-t-il affirmé. L'ancien PDG de Thomson et de France Télécom a rejeté l'idée selon laquelle ces attaques puissent viser quelqu'un au-dessus de lui au gouvernement. Quant à savoir s'il s'estimait fragilisé, le patron de Bercy a rétorqué : "Je suis au combat" et je "tiens ma barque solidement". N'ayant "aucun intérêt personnel", Thierry Breton a également balayé les accusations de conflit d'intérêt. "Pour qu'il y ait conflit d'intérêt, il faut qu'il y ait intérêt", a-t-il précisé. Le ministre a également entrepris de relativiser le rôle des administrateurs dans les entreprises. "Les administrateurs, ce ne sont pas des dirigeants opérationnels, ce ne sont pas des salariés, les administrateurs sont tous égaux, les administrateurs votent toutes les décisions", a-t-il souligné.Il a ensuite apporté quelques précisions sur son domaine de compétence au sein du groupe de chimie. Il a notamment reconnu qu'il était "bien entendu" au courant de la stratégie et des acquisitions menées par le groupe, alors que l'actionnaire minoritaire de Rhodia, Hughes de Lasteyrie, conteste notamment la manière dont Rhodia a intégré le groupe britannique Albright & Wilson. Thierry Breton a tenu à préciser que le comité d'audit qu'il présidait au sein du conseil d'administration entre 1998 et 2002 n'a "aucune existence juridique, il n'est là que pour préparer le travail en amont".Thierry Breton s'est également ému d'être devenu le pilier central de cette "affaire". "C'est vrai qu'à l'époque j'étais un petit administrateur et que quatre ans après je suis devenu ministre. Par un coup de baguette magique, je suis devenu l'affaire Rhodia! C'est formidable, non? A partir du moment où vous avez les neuf plus grands chimistes et scientifiques autour de la table qui prennent des décisions, moi j'estime que les décisions qui ont été prises n'étaient pas si mauvaises que ça", a-t-il précisé. Le ministre s'en est ensuite directement pris aux financiers Hugues de Lasteyrie et Edouard Stern, récemment décédé, qui ont décidé de porter cette affaire devant les tribunaux en octobre 2004, l'information judiciaire portant sur une "présentation de comptes inexacts, diffusion d'informations boursières fausses et mensongères, délit d'initié et recel de délit d'initié" sur les comptes de Rhodia entre 1999 et 2003. "Il y a des financiers internationaux, dont la spécialité est de rentrer dans les entreprises et d'essayer d'en tirer le meilleur parti". Il s'agit de "Français qui ont décidé d'aller vivre hors de France pour des raisons fiscales", a-t-il ajouté. Egalement interrogé sur l'autre perquisition qui s'est déroulée hier au siège de Canal+ au sujet de la vente en 2002 d'une filiale du groupe Vivendi Universal (VU) à Thomson Multimedia qu'il dirigeait à l'époque, Thierry Breton, a rappelé que c'était "un sujet complètement différent", insistant sur le fait qu'il n'était plus à la tête du groupe lorsque cette transaction a été finalisée.

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